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Moahmed Benarbia, DG de Salama Assurance à Crésus : «Les assurances, pilier de la prospérité nationale» L'année 2023 a été une période dynamique pour le marché des assurances en Algérie, caractérisée par une croissance substantielle du chiffre d'affaires de 3,5%.

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 Entretien réalisé par Assia Mekhennef

 Dans cet entretien, le Directeur Général de Salama Assurances Algérie, Mohamed Benarbia, nous explique les moteurs de cette croissance tirée notamment par la reprise du marché automobile en Algérie (importation et fabrication) et la bonne santé de diverses branches du secteur économique. Banarbia revient également longuement sur les  défis auxquels sont confrontées les compagnies d’assurance appelés en premier lieu à améliorer leurs qualités de services qui passe incontestablement par la formation des ressources humaines de premier ordre pour répondre aux besoins et demandes en constante évolution. Il passe également en revue les objectifs ambitieux fixés pour l’avenir du secteur des assurances, et les mutations auxquelles il faut s’adapter.  Le DG de Salama Assurances n’omettra pas de  souligner l’importance croissante des assurances  et leur apport considérable dans au développement économique et social de l’Algérie.

 

Crésus: Quels facteurs ont contribué à la croissance de 3,5% du chiffre d’affaires du marché des assurances en 2023 ?

Benarbia: Pour comprendre l’essence du taux de croissance de 3,5%, il est crucial d’analyser les sources de cette croissance. En consultant la note de conjoncture du Conseil National des Assurances (CNA), on constate que cette croissance provient principalement de plusieurs secteurs. Tout d’abord, dans le domaine de l’assurance dommages, on observe une croissance de 2,6%. Ensuite, les assurances des personnes affichent une croissance de 7,1%, tandis que les acceptations internationales enregistrent une croissance de 8,7%. Ces tendances représentent les grandes lignes des sous-branches.

Les acceptations internationales concernent les marchés étrangers et ne sont donc pas directement liées au marché algérien. Il s’agit de polices d’assurance souscrites dans d’autres pays et réassurées en partie par la Compagnie Centrale de Réassurance (CCR). En revanche, le reste de la croissance provient principalement de l’assurance dommages et des assurances des personnes.

L’assurance automobile, notamment, affiche une reprise avec une croissance de 2,6%, attribuable à l’ouverture du marché algérien et à la reprise des importations de véhicules. En ce qui concerne les assurances des personnes, la croissance de 7,1% est principalement due à la reprise des assurances voyages, en lien avec la reprise des activités de transport international, notamment aérien. Cette croissance est également impactée par la reprise économique du pays, qui a stimulé divers secteurs, notamment la construction et l’industrie.

En résumé, ces trois ou quatre facteurs principaux expliquent la forte croissance de 3,5% du chiffre d’affaires du marché des assurances en Algérie.

Crésus: Comment les compagnies d’assurance ont-elles répondu aux défis et opportunités émergents sur le marché en 2023 ?

Benarbia: Bien sûr, les compagnies d’assurance sont appelées à s’adapter et à saisir les opportunités qui se présentent, qu’elles soient commerciales ou qu’elles représentent des défis techniques ou opérationnels à surmonter. Je considère que le premier défi pour les compagnies d’assurance est d’améliorer la qualité de service. Cela représente un défi majeur pour les assureurs, appelés à  améliorer à la fois la qualité du service et des produits d’assurance déjà commercialisés, qui peuvent parfois répondre partiellement ou totalement aux besoins des clients. L’objectif est de toujours chercher à satisfaire la clientèle en améliorant continuellement les produits d’assurance pour qu’ils répondent à ses attentes. Un des aspects importants de la prestation de service d’un assureur est le règlement rapide des sinistres, ce qui constitue également un défi sur le marché algérien des assurances. Pour répondre à ce défi, le marché a mis en place une plateforme numérique afin de réduire les délais de règlement des sinistres. Le troisième défi consiste à avoir la capacité d’identifier les nouvelles demandes à mesure que les choses évoluent. Par exemple, les changements climatiques entraînent de nouvelles demandes sur le marché de l’assurance, telles que la couverture contre la sécheresse dans les assurances agricoles ou la prise en charge des accidents domestiques dans les assurances des particuliers. Un autre défi important est la tendance à la digitalisation de l’économie, tant au niveau national qu’international. En tant qu’assureurs, nous devons nous adapter en intégrant la digitalisation comme un facteur clé dans notre développement, que ce soit dans la vente aux clients, dans les indemnisations ou dans la distribution de nos produits. Cela nécessite une adaptation tant au niveau de chaque société d’assurance qu’au niveau du marché dans son ensemble.

Crésus: Quels sont les principaux défis auxquels l’ensemble du secteur des assurances est confronté et quelles stratégies sont mises en place pour les surmonter?

Benarbia: Les défis pour une compagnie d’assurance ne sont pas toujours les mêmes que ceux de l’ensemble du marché, mais ils représentent pour les deux, une part importante. Si l’on revient au niveau du marché dans son ensemble, le premier défi consiste à discipliner ce dernier afin que les tarifs homologués par l’autorité de contrôle soient effectivement appliqués. Une concurrence aveugle ou suicidaire règne notamment dans les assurances automobiles et incendie, dans le but de s’approprier la plus grande part du marché. Cependant, cette concurrence est suicidaire, car les tarifs homologués doivent être respectés une fois établis. Vendre à perte est contraire aux règles de la concurrence, et le Conseil national de la concurrence doit veiller à ce que la rigueur tarifaire soit appliquée. Certains assureurs pratiquent des tarifs sans aucune base scientifique ou technique, ce qui menace la solidité financière nécessaire pour indemniser les clients en cas de sinistre.

Le deuxième défi est d’améliorer la qualité de service afin que les clients soient davantage satisfaits. Actuellement, la qualité de service au niveau du marché algérien est médiocre, avec des délais de règlement longs. Il est donc nécessaire d’améliorer la qualité de service en réduisant ces délais, car la qualité de service ne se résume pas uniquement au prix. Il est crucial de focaliser sur la qualité de service, notamment en réduisant les délais de règlement, et d’établir des règles et normes comparatives pour encourager une concurrence saine sur ce point.

Le troisième défi est la formation des ressources humaines. Le fait que les tarifs ne soient pas respectés et que la qualité de service soit reléguée au second plan dénote du manque de formation des ressources humaines. Il est donc impératif d’investir dans la formation de qualité de ces ressources humaines, car elles sont essentielles pour faire évoluer les pratiques dans le secteur de l’assurance.

Le quatrième élément important pour relever ces défis est la solvabilité réelle des compagnies d’assurance. Actuellement, le système de solvabilité est basé sur des règles forfaitaires qui ne prennent pas suffisamment en compte les risques encourus par les compagnies d’assurance. Il est nécessaire de passer à un système de solvabilité basé sur les risques, qui garantit que les compagnies d’assurance disposent des fonds nécessaires pour faire face aux sinistres éventuels. Ce changement vers un système de solvabilité basé sur les risques est primordial pour que le marché algérien puisse suivre la tendance internationale et rester compétitif dans la mondialisation du marché des assurances.

Crésus: Quels sont les objectifs clés que les compagnies d’assurance se fixent pour l’année à venir, et comment prévoient-elles de les atteindre ?

Benarbia: Les objectifs sont étroitement liés aux défis évoqués précédemment, car ils représentent les points à atteindre pour relever ces défis. Je vais aborder à la fois les objectifs clés du marché global des assurances et ceux spécifiques à Salama Assurances.

Pour le marché global des assurances, l’Union Algérienne des Sociétés d’Assurance et de Réassurance (UAR) a tracé plusieurs objectifs. Tout d’abord, il est primordial d’assainir le passif de la branche automobile. Cela implique de liquider tous les dossiers sinistres en suspens chez les compagnies d’assurance depuis plusieurs exercices. Grâce à une plateforme numérique mise en place, une partie importante de ces dossiers a déjà été traitée, mais il reste encore un stock à liquider dans les plus brefs délais. Ce processus vise à regagner la confiance des clients et à respecter les engagements contractuels.

Le deuxième objectif est d’instaurer une discipline au sein des pratiques du marché. Cela implique de respecter les tarifs homologués et de mettre en place des normes techniques que tous les opérateurs doivent suivre. Cette discipline est essentielle pour assurer une concurrence saine et protéger à la fois les compagnies d’assurance et les intérêts des assurés.

En ce qui concerne Salama Assurances, plusieurs objectifs ont été fixés pour l’année en cours et à moyen terme. Le premier objectif est de se conformer au décret exécutif relatif aux assurances « Takaful ». En tant que première compagnie d’assurance « Takaful » sur le marché algérien, Salama Assurances doit adapter ses statuts et ses produits pour se conformer à ce décret. Ce processus est en cours et devrait être finalisé au cours de l’exercice 2024.

Le deuxième objectif est d’améliorer continuellement la qualité de service offerte à la clientèle. Salama Assurances a mis en place un programme visant à réduire les délais de règlement des sinistres, avec pour objectif de porter ce délai à moins de 20 jours en 2024. Cette amélioration de la qualité de service est cruciale pour la satisfaction des clients.

Le troisième objectif est d’étendre le réseau de distribution de la société à travers toutes les wilayas et grandes localités du pays. Salama Assurances cherche effectivement à s’installer au moins au niveau de chaque daïra afin de couvrir l’ensemble du territoire national et de capter une part plus importante du marché.

Le quatrième objectif est de mettre en place un plan de formation permanente pour les employés de notre société. Cette formation continue est essentielle pour maintenir un haut niveau de compétence et s’adapter aux évolutions du marché. Enfin, le cinquième objectif est d’augmenter la part des risques d’entreprise dans le portefeuille de  Salama Assurances, passant de 30% à 40%. Cela permettra de diversifier davantage le portefeuille et de réduire la dépendance vis-à-vis des risques particuliers.

 

Crésus: Y a-t-il des innovations ou des nouvelles initiatives prévues pour 2024 afin de répondre aux besoins changeants des clients et d’améliorer la compétitivité du secteur ?

Benarbia: Evidement, les compagnies d’assurance ainsi que le marché dans son ensemble doivent s’adapter aux changements émergents, notamment en ce qui concerne les nouveaux risques qui apparaissent. La digitalisation est l’un de ces grands changements, avec l’émergence du cyber risque. Avec l’essor d’Internet et du commerce en ligne, il est capital de proposer des produits d’assurance couvrant les risques liés à la cybercriminalité, tant pour les clients que pour les opérateurs du secteur de la vente en ligne et de l’informatique. Une initiative a été lancée en 2023 pour couvrir les petites et moyennes entreprises algériennes contre le cyber risque, mais des ajustements sont nécessaires pour répondre pleinement aux besoins des clients.

Un autre défi majeur est lié au changement climatique, avec l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements catastrophiques tels que les inondations, la sécheresse et les tempêtes, qui affectent tant le secteur agricole que d’autres secteurs économiques. Le ministère des Finances a initié un projet visant à mettre en place un système d’assurance contre les risques climatiques pour le secteur agricole, mais il est également nécessaire de revoir et d’améliorer le système actuel de couverture des catastrophes naturelles (CAT-NAT) pour inclure une protection adéquate pour les activités non agricoles.

En parallèle, la digitalisation de toutes les opérations d’assurance est devenue une nécessité pour le marché algérien, couvrant la vente, l’indemnisation et la transmission des informations au régulateur. Cette digitalisation ne doit pas être simplement une réponse aux évolutions technologiques, mais également une opportunité pour améliorer les services aux clients, accélérer les processus d’indemnisation et renforcer les relations avec la clientèle.

En résumé, ces changements exigent des compagnies d’assurance et du marché dans son ensemble une capacité d’adaptation rapide et des initiatives proactives pour répondre aux nouveaux risques émergents et exploiter les opportunités offertes par la digitalisation.

Crésus: Comment les assurances envisagent-elles de contribuer au développement économique et social du pays dans les années à venir ?

Benarbia: Les compagnies d’assurance et le marché des assurances jouent un rôle majeur dans les activités économiques et sociales. Sur le plan économique, les fonds déposés par les comptes d’assurance auprès des banques ou des bourses contribuent au financement de diverses activités. En déposant leurs fonds dans les banques, les compagnies d’assurance fournissent des ressources utilisées par les banques pour accorder des crédits, soutenant ainsi l’économie. De même, les fonds déposés par les compagnies d’assurance auprès du trésor public financent les activités de l’État, telles que la construction d’infrastructures publiques comme les hôpitaux et les autoroutes.

Les compagnies d’assurance jouent également un rôle essentiel dans la protection du patrimoine économique national en assurant les entreprises et en couvrant les risques associés à leur fonctionnement. Par exemple, les installations de grandes entreprises telles que Sonatrach sont couvertes par des polices d’assurance, permettant à ces entreprises de recevoir une indemnisation en cas d’incidents ou de risques réalisés, ce qui leur permet de reprendre leurs activités rapidement.

Sur le plan social, les compagnies d’assurance fournissent une couverture complémentaire au système de sécurité sociale. Elles indemnisent les citoyens en complément de ce que couvre la sécurité sociale, assurant ainsi un niveau d’indemnisation suffisant pour maintenir leur santé et leur qualité de vie. Ce rôle social est crucial pour garantir le bien-être des individus et de la société dans son ensemble. Enfin, les compagnies d’assurance ont le potentiel de jouer un rôle encore plus important dans le développement économique et financier du pays. Avec un développement accru du marché financier et de la réglementation, elles pourraient avoir un impact plus significatif en fournissant davantage de services et de produits d’assurance adaptés aux besoins de la population et des entreprises.

A.M.

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Retard dans la livraison des véhicules neufs : Les concessionnaires mis en demeure Le ministère de l'Industrie et de la Production pharmaceutique a appelé, lundi, dernier, tous les concessionnaires automobiles agréés à respecter les dispositions légales relatives aux délais de livraison des véhicules neufs commandés par les citoyens, et à ne pas recourir à la publicité mensongère sur la disponibilité.

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   « Il est porté à la connaissance de tous les concessionnaires agréés pour l’exercice de l’activité d’importation de véhicules neufs, que le ministère de l’Industrie et de la Production pharmaceutique a été destinataire de nombreuses plaintes de la part de citoyens, ayant pour objet, la non livraison dans les délais légaux, de leurs véhicules commandés, conformément aux dispositions des articles 18 et 19 du cahier des charges annexé au décret exécutif n° 22-383 du 17 novembre 2022, fixant les conditions et les modalités d’exercice de l’activité des concessionnaires de véhicules neufs», est-il précisé dans un communiqué. Selon le ministère, il a été également constaté que «certains concessionnaires agréés ont induit l’opinion public en erreur en faisant de la publicité mensongère, affirmant la disponibilité des véhicules neufs et leur livraison dans les délais légaux». A cet effet, le ministère a exhorté «tous les concessionnaires agréés à respecter pleinement le cahier des charges et à se conformer à toutes ses dispositions, notamment celles relatives aux délais de livraison, et le non recours à la publicité mensongère sur la disponibilité des véhicules. En cas de non-respect de cet engagement, le ministère de l’Industrie prendra les mesures prévues par la législation et la réglementation en vigueur, pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément». Par ailleurs, le ministère a invité tous les citoyens à déposer leurs réclamations sur la plateforme numérique dédiée à cet effet, via le lien https://dispositifs.industrie.gov.dz/reclamations.

M.T.

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GNL : Sonatrach livrera 2 millions de tonnes à Total Energies Le groupe Sonatrach et la compagnie française Total Energies ont signé, le 8 dernier, à Alger, un protocole d'accord dans la perspective de conclure un contrat d’hydrocarbures sur la région nord-est de Timimoune, selon la loi n°19-13 régissant les activités hydrocarbures.

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Ce protocole d’accord prévoit l’élaboration d’un programme de travaux visant à apprécier et à développer les ressources gazières de la région Nord-est de Timimoune, en capitalisant sur les installations de traitement existantes pour la production du gisement de Timimoune afin de réduire les coûts et les émissions. Dans un communiqué à l’issue de la signature du protocole d’accord, TotalEnergies a dévoilé la quantité de gaz naturel liquéfié (GNL) qui lui sera livrée en 2025 par Sonatrach, dans le cadre des accords signés précédemment. «Plus tôt cette année, TotalEnergies et Sonatrach ont prolongé leur coopération dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL) en étendant leur relation contractuelle jusqu’en 2025», a souligné la compagnie française, qui a fait savoir que « Sonatrach livrera en 2025 deux millions de tonnes de GNL à TotalEnergies, au port de Fos-Cavaou, près de Marseille qui contribueront à la sécurité d’approvisionnement énergétique de la France et de l’Europe». TotalEnergies a également fait savoir qu’en 2023, elle a produit 51 kbep/j (quote-part) en Algérie grâce à ses participations dans les champs gaziers de TFT II et Timimoune et dans les champs à huile du bassin de Berkine (blocs 404a et 208). TotalEnergies dispose en outre de deux filiales activant dans les lubrifiants et le bitume.

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Solutions de paiement dématérialisé : La démocratisation du M-Paiement Disponibles au niveau de deux banques ainsi qu'à Algérie poste, les solutions du paiement mobile ne sont utilisables actuellement qu'entre les clients de la même banque.

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Les nouvelles solutions de paiement, au moyen des téléphones mobiles (M-Paiement) ou « carte sans contact », pourront se démocratiser au cours de l’année 2024, selon le Groupement d’intérêt économique de la monétique (GIE monétique). Mme Assia Benchabla Queiroz, administratrice de l’organe, chargé de la régulation du système monétique national, annonce que la question de « l’interopérabilité entre les différents acteurs » est en voie de règlement. La « généralisation » du paiement par carte sans contact est également une question de mois, grâce notamment au programme de modernisation des terminaux de paiements électronique (TPE), a-t-elle ajouté. La même responsable a fait savoir que les efforts visent la suppression des obstacles à la modernisation et la numérisation du système monétaire. Ainsi, concernant le paiement mobile (M-paiement), le travail du GIE monétique vise à la mise en place d’un mécanisme « d’interopérabilité entre les différents acteurs du paiement mobile ». L’avancement du projet est arrivé à un stade « acceptable ». Mieux, la Société d’automatisation des transactions interbancaires et monétiques (Satim), précise la même source à l’APS, a « déjà acquis la solution assurant l’interbancaire des paiements, et qui sera mise en service cette année ».

Sur le terrain, il s’agit de mettre d’accord l’ensemble des acteurs sur l’utilisation d’un même protocole pour sécuriser les transactions. Le GIE monétique, explique Mme Assia Benchabla Queiroz « a spécifié son schéma de fonctionnement et chaque banque est appelée à acquérir sa propre solution », mais pour l’interopérabilité, qui passe par une plateforme de connexion, les banques « doivent se connecter au switch qui est actuellement en phase d’implémentation ». Cette évolution permettra aux utilisateurs de passer de la phase de l’expérimentation à celle de la généralisation. Deux banques, ainsi que Algérie Poste, proposent déjà à leurs clients l’utilisation du M-Paiement pour certaines transactions. Toutefois, la formule reste pour le moment « interne », uniquement possible entre clients de la même banque. L’interopérabilité, ajoute la responsable, permettra les « transactions même si la banque de l’émetteur (le payeur) est différente de celle du bénéficiaire. Cela permettra de généraliser l’utilisation du m-paiement, utilisé notamment pour régler les achats via le code QR et effectuer les transferts de compte à compte ».

Quant aux possibilités de paiement par « carte sans contact », le GIE monétique met en tête de ses priorités pour l’année 2024 la modernisation des terminaux de paiement électronique (TPE). Mme Assia Benchabla Queiroz annonce en ce sens qu’il s’agit de « terminer la mise à niveau du parc de TPE composé de quelque 54 000 appareils, pour qu’ils acceptent les nouvelles cartes dotées de la fonctionnalité sans contact ». Les autorités cherchent en effet à démocratiser l’utilisation des cartes sans contact en parallèle des plus de « 16,8 millions de cartes interbancaire » classiques actuellement en circulation. Des cartes sans contact sont pour rappel déjà « opérationnelles », mais uniquement pour certaines transactions limitées à 1500 dinars. Les principaux avantages de cette évolution, note la responsable, restent la sécurité et la rapidité, avec une utilisation « sans avoir à insérer la carte dans le terminal ni à composer son code confidentiel, mais juste en rapprochant la carte du TPE ».

Par ailleurs Mme Assia Benchabla Queiroz a fait savoir que la gestion des cartes dites internationales devrait également enregistrer des avancées. « La Satim a déjà obtenu la certification auprès de l’opérateur Mastercard qui s’attèle à faire certifier la Satim auprès de la compagnie internationale de paiement Visa », a-t-elle indiqué. L’objectif de la démarche, qui « prendra de huit à dix mois », est de permettre le traitement des opérations monétiques sans avoir à recourir aux centres de traitement étrangers. « Une fois certifiée, toute l’activité des banques à l’international sera rapatriée à la Satim, et les traitements se feront localement » a-t-elle souligné.

 

Nadir K.

 

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