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Quel avenir pour Gara Djebilet ? (3e partie)

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Troisième partie de l’entretien avec M.Nacereddine Kazi Tani est Docteur d’état es Sciences, ancien responsable de l’Exploration de l’Algérie du Nord et de l’Off-shore méditerranéen, ancien professeur des universités (Algérie et France), Directeur-fondateur du Centre national de recherches et d’Applications des Géosciences et Directeur du bureau d’études Géoressources (Pau France)

Lire la première partie ici

Lire la deuxième partie ici

Les engrais d’Algérie.

Les pays qui possèdent les NPK, entendez par là Azote, Phosphore et Potassium c’est à dire Ammoniaque, Phosphate, Potasse, contrôleront l’agriculture du futur qui bientôt devra nourrir vaille que vaille quelques 9 milliards d’individus et leurs élevages. Bien sûr, la spiruline pourrra être cultivée et produite en masse, mais ce ne sera qu’un complément alimentaire et à ce propos, l’Algérie est privilégiée en raison de son soleil, ses températures très adaptées et de ses ressources aquifères saumâtres évaluées à quelques 30 000 milliards de m3. Seuls 3 pays dont l’Algérie, en compagnie du Canada et de la Russie -Biélorussie, possèdent ces 3 ingrédients en raison de la répartition très limitée de la Potasse dans le monde. Et c’est  pour cette raison que nous avons initié ce programme potasse et préconisé de classer cette substance en stratégique afin de la préserver des prédations d’Etats ou de groupes hégémoniques.  Examinons point par point ces engrais NPK.

L’Azote. Qui dit ammoniaque et produits azotés dit gaz hydrocarbures principalement le méthane. On a découvert en gaz conventionnel donc tight gas non compris quelques 3568 milliards de m3 de gaz sec ou à gazoline (Hassi Rmel) et environ 5 milliards de m3 d’huile qui contiennent du gaz dissous à raison d’un ratio (GOR) moyen de 132 soit un complément gaz de 660 Milliards de m3 de gaz de pétrole, nonobstant les 19800 Milliards de m3 de gaz de schiste correspondant au volume contenu a minima dans la roche-mère silurienne de l’Ahnet-Timimoun. On peut donc considérer que l’Algérie est richement dotée en gaz. Par ailleurs, on a tendance à oublier qu’elle a été pionnière en industrie d’ammoniaque et d’urée dont les usines ont été fondées en 1967. Elle reste exportatrice de l’essentiel de sa production. Saluons la mémoire de Abderrahim Boudghène mon ami disparu trop tôt et pionnier de cette industrie en tant qu’ingénieur et responsible de l’Unité industrielle.

Les phosphates. L’Algérie occupe, officiellement, la 3ème place en réserves phosphatières loin derrière le Maroc qui comptabilise à son compte les réserves du Sahara occidental -RASD occupé, lorsque l’Algérie oublie de comptabiliser à son compte les énormes réserves dont elle dispose d’E en W en deux ceintures phosphatières qui recoupent l’Algérie du Nord, elle ne figure même pas dans les 12 premiers producteurs.

Historique. C’est en Algérie qu’ont été découverts les premiers gisements de phosphates de la riche province nord-africaine par Ph. Thomas en 1873.

Les provinces phosphatières d’Afrique du Nord. Situations spatio-temporelles.  Les phosphates algéro – tunisiens appartiennent à la province mésogéenne et s’expriment particulièrement au Paléocène – Éocène, tandis que les phosphates marocains et ouest – sahariens sont en bordure de l’Atlantique et liés donc à la province atlantique et qui s’expriment au Sénonien supérieur. On notera cependant que les gisements du sud mauritanien et du Sénégal se manifestent plus tardivement, à la fin de l’Yprésien – Lutétien.

Approche gîtologique.  La stratigraphie séquentielle moderne regroupe les sédiments en modèles d’organisation sédimentaire adaptés aux sédiments silico-clastiques (J.R Vail et al. 1977, 1988, 1989,) et aux sédiments chimiques-biochimiques (Sarg 1988) Ce dernier cas nous intéresse ici car on se situe dans cette sédimentation sulfatée-carbonatée-phosphatée dans le cas des gisements phosphatés et les lithologies qui leur sont associées. Au cours d’un cycle eustatique où le terrigène est exclu (Sarg op. cit.), les évaporites sont situés à la base en prisme de bas niveau, l’intervalle transgressif rétrogradant qui lui succède et la sédimentation aggradante du maximum eustatique sont des carbonates fins en catch up et les carbonates granuleux (oolithiques ou autre) qui terminent le cycle (Prisme de haut niveau supérieur ) sont en keep up. Les phosphates se situent préférentiellement en catch up en rétrogradation puis pour les horizons les plus épais dans l’espace aggradant. Cette approche séquentielle que nous proposons ici constitue alors un précieux guide gîtologique. Un autre caractère assez généralisé aux phosphates algéro-tunisiens est leur association avec des hydrocarbures, ceci étant en conformité avec la situation des matières organiques sédimentées dans un cycle eustatique où ces M.O. se confondent avec l’interface entre l’intervalle transgressif (IT) et le prisme de Haut niveau (PHN) et que l’on qualifie d’Intervalle condensé (IC). Cette situation de phosphatogenèse et de genèse organique est davantage exacerbée lorsque en situation tropicale sèche, la position géographique du continent est disposée de façon favorable afin de générer des vents alizés qui ont pour propriété de créer des courants upwelling. Ces courants marins ascendants enrichissent le milieu proche côtier en éléments nutritifs et contribuent de manière significative aux dépôts des roches mères d’hydrocarbures et des phosphates  généralement piégés dans des golfes et des bras de mer tel celui qui forme le « bassin de Gafsa ». Cette théorie de la phosphatogenèse est due à A.V. Kazakov (1937, 1938, 1950) reprise et appliquée  par L.D. Visse (1947 à 1974) aux phosphates algéro-tunisiens.

Les phosphates algériens.

Les gisements algériens ont été découverts dès 1873 par Ph. Thomas, suivis par de nombreux autres travaux bien avant les gisements des autres pays d’Afrique du Nord.  Pour Thomas, les phosphates d’Algérie s’étendent le long de 2 ceintures, l’une septentrionale et l’autre méridionale allongées d’E en W  de la frontière tunisienne à quasiment la frontière marocaine, pour la première. La seconde débute également à la frontière tunisienne au Dj. Onk (2,2 milliards de tonnes) et arrive au méridien d’Alger, dans le bassin du Hodna où de nombreux forages les recoupent à faible profondeur. La ceinture septentrionale commence dans la région de Souk Ahras où les premières exploitations phosphatières ont été implantées. Dans cette région est – algérienne les phosphates sont mélangés parfois à des glauconies et, cerise sur le gâteau, à des nodules de strontianite, c’est à dire du carbonate de strontium, produit éminemment intéressant sur le plan industriel. D’une manière générale les nodules de phosphates titrent de 50 à 70% BPL. La fortune phosphatière évaluée par l’Algérie à 2,2 Gt qui ne correspond en vérité qu’au seul gisement du Dj. Onk est donc très largement sous-évaluée. Pourquoi ? La question reste posée. Enfin les phosphates algériens ainsi que ceux de Tunisie appartiennent à la catégorie restreinte des phosphates naturellement solubles c’est à dire que l’épandage d’une mouture de minerai suffit pour bonifier le sol.

La Potasse.

La SONAREM (actuelle ORGM) a vainement recherché ces sels de potasse, notamment dans le Sénonien salifère de la région de Béchar. Il est pourtant quasiment impossible de ne pas le retrouver dans des accumulations telles celles du Trias. Pour preuve, des sondages sahariens l’ont reconnu avec certitude dans un périmètre de plus de 100 000 km² et des épaisseurs décamétriques.

Le chlorure de potassium est une minéralogie, souvent associée au chlorure de sodium, extrait  selon les techniques minières classiques, par galeries soit par circulation d’eau in situ. Il est aussi extrait de lacs salés et des saumures de la Mer Morte. Après son extraction il ne subit qu’une purification. Il est principalement employé dans l’industrie des engrais et dans ce cas précis de l’agrochimie il représente avec les phosphates et l’ammoniaque (NKP) un produit d’importance stratégique . Il précipite lorsque la saumure atteint un seuil de concentration de 500g/l alors que le NaCl commence à précipiter à partir de 300g/l, jusqu’à 500 g/l, ce qui explique pourquoi ils sont interlités dans les dépôts suivant un ordre SO4Ca ->NaCl -> KCl.

Dans le Sahara algérien, plusieurs salifères sont reconnus par les sondages et ont été décrits par G. Busson (1968) à partir d’une analyse diagraphique des sondages, les évaporites s’y sont déposées sur d’énormes étendues, plusieurs centaines de milliers de km² et des épaisseurs dépassant parfois le km  au Trias, au Lias, au Jurassique moyen et au Crétacé Supérieur. On notera qu’à la lisière du Sahara, au pied du Haut Atlas algérien un petit bassin salifère Sénonien termine à l’Ouest une longue avant fosse molassique. Exploré pour la potasse par le BRMA puis par la Sonarem, ce Sénonien s’est révélé sans intérêt. Enfin en Algérie du Nord, le Trias est également évaporitique comme le sont quelques petits bassins du Pliocène (Redjas el Férada).

Gîtologie. Le différentiel de solubilité entre NaCl et KCl explique que la Silvinite (KCl) ne se dépose qu’au maximum de la dessiccation du bassin salifère, c’est à dire au cœur du dispositif évaporitique. Une analyse séquentielle avec comme code la suite syngénétique Carbonates-Sulfates-Chlorures (Halite – Sylvinite) permettra de situer la zone d’intérêt dans le cycle. Celui-ci est organisé dans les bassins marins en « bull-eyes » et modélisé en stratigraphie séquentielle par Sarg (1988). C’est une organisation cyclique répétée en autant de cycles eustatiques tant en Algérie du Nord qu’au Sahara. La recherche de la sylvinite dans les forages profonds qui ont traversé l’intégralité de l’intervalle triasique n’ont pas révélé ce sel potassique en Algérie du Nord, alors qu’il est présent au Sahara. Ce fait révèle que l’alimentation de ces bassins a été réalisée par des océans différents : la Téthys dans le premier cas et la Mésogée dans le second. Cette double alimentation est prouvé dans l’étage marin suivant, le Lias par les contenus faunistiques (voir N. Kazi Tani 1986) des provinces nord algérienne et saharienne.. La sylvinite a été révélée par quelques forages Baa1 (Bou Aïcha1), Oulouga 1 et El Atchane 2 répartis dans un périmètre de 1500 km. Le travail qui reste à faire est, à partir des diagraphies de puits, d’évaluer la ressource.Ce programme démarre bientôt

Données externes et commerce international: Le plus grand producteur, le Canada, a extrait en 2017 de son sous-sol 22,375 millions de tonnes. Les capacités mondiales de production étant , de 59,575 millions de t/an, Ses réserves sont énormes 1Milliard de tonnes K2O (Monde : 3,9 Gt ). Le Canada a exporté en 2016, 10,364 Millions de tonnes K2O sur un total mondial de 28,778 Mt/an .

Les  Terres rares en Algérie.

Ce sont des métaux hautement stratégiques sans lesquels notre quotidien serait bouleversé. Il y a quelques années on ne les utilisait que dans les pierres à briquet alors qu’aujourd’hui nos téléphones nos ordinateurs, les satellites, les voitures etc..en sont bourrés. Il s’agit des métaux particuliers dits Lanthanides auxquels s’ajoute l’Yttrium des cases 57 à 71 et 39 du Tableau de Mendéléev. Leur importance a été soulignée par la Crise des Terres rares dont on se souvient entre la Chine détentrice de l’essentiel de cette ressource et les pays avancés (USA, Europe, Japon, Corée) détenteurs de haute technologie. Le plus grand gisement de Terres rares, originellement gisement de fer, est Bayan Obo (Chine). Ce pays détient 44 Millions de tonnes de Terres rares-oxyde devant le Brésil (22 Mt) et la Russie (18Mt) sur un total mondial de 120 Mt. Les minerais ont des teneurs de quelques % (5% à Bayan Obo), la teneur moyenne de l’écorce terrestre (dite Clarke crustal) n’étant que de 0,08%. Les Terres rares sont portées par quelques minéraux ou adsorbées par des argiles particulières. Les principaux minéraux porteurs sont la monazite, un phosphate de Terres rares, la bastnésite, un fluorocarbonate de Terres rares et l’allanite (orthite) un silicate de la classe des épidotes. La recherche des Terres rares en Algérie a débuté dans les années 70 par SONAREM  et a aboutit à la mise en évidence de lambeaux de carbonatites à Ihouahène (Ihouhaouène) dans l’In Ouzzal, terrane archéen du NW du Hoggar. Ces lambeaux emballés dans des fénites également porteuses de Terres Rares n’ont pas trouvé acquéreur lors de l’appel d’offre n°03/ANPM/SP/07.

Nasreddine KAZI TANI

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Pharmacie : La Faculté d’Alger et « Iqvia Algérie » connectées

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Une convention de partenariat a été signée, mardi à Alger, entre la Faculté de Pharmacie d’Alger et « Iqvia Algérie », filiale du leader mondial en consulting et données en santé, portant sur le renforcement de la qualité de la formation et l’orientation professionnelle des étudiants de cet établissement.

A l’issue de cette signature, qui sera effective dès septembre prochain, le professeur Djidjik a souligné que cette convention « aidera les étudiants dans leurs projets à venir, en particulier ceux en Master », mettant en avant « la stratégie de la Faculté consistant à s’ouvrir au monde socio-économique ».

« Cette convention a un double intérêt pour nous », a-t-il dit, précisant qu’ « elle permettra d’aider les étudiants, notamment en pharmaco-économie dans leurs thèses, et d’identifier parmi eux de futurs talents qui rejoindront les différents secteurs ».

De son côté, Rafik Zenati, a indiqué que ce partenariat devra permettre aux étudiants en pharmacie l’expertise d’Iqvia, de sorte à ce que « les futures compétences puissent apporter un plus au développement du domaine de la pharmacie ».

 

 

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Transport ferroviaire : Le train sifflera entre Annaba et Tunis

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La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) a publié, ce mardi, un communiqué concernant le lancement d’un deuxième voyage expérimental de train entre l’Algérie et la Tunisie.

« Dans le cadre de la mise en œuvre de la décision des autorités supérieures relative à la relance de l’activité de la ligne ferroviaire entre les deux pays frères, l’Algérie et la Tunisie, la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) a lancé, hier lundi 15 juillet 2024, un voyage expérimental d’un train de voyageurs entre Souk Ahras et Ghardimaou en Tunisie », précise le communiqué.

La délégation de la SNTF, présidée par son Directeur général, Abdelkader Bouaouni, a été accueillie à la gare de Ghardimaou par les responsables de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), en présence du Délégué de Ghardimaou.

Le voyage de retour à Souk Ahras a été programmé le même jour, en présence d’une délégation de cadres de la SNCFT, présidée par son PDG Toufik Boufayed. La délégation tunisienne a été accueillie à la gare de Souk Ahras par le wali Abdelkrim Zinai.

Dans le cadre de cette visite, des réunions de travail techniques ont eu lieu entre les cadres des deux sociétés, mardi 16 juillet, qui ont abouti à la signature de la convention commerciale qui comprend toutes les clauses d’exploitation des trains dans ses aspects commercial et technique, fait savoir la SNTF. Et d’expliquer : « Ce deuxième voyage expérimental vise à évaluer l’état de préparation des infrastructures tout au long de la ligne, qui s’étend sur une distance de plus de 357 km d’Annaba à Tunis capitale, afin de garantir les conditions techniques et les normes de sécurité nécessaires à la circulation des trains et au confort des voyageurs. »

Ce voyage expérimental intervient après que la société ait lancé des travaux d’envergure pour réhabiliter et renforcer les lignes ferroviaires entre Annaba et la frontière algéro-tunisienne, ainsi que les gares et les espaces d’accueil des voyageurs, notamment en ce qui concerne les procédures de passage.

« Les travaux sont actuellement en cours d’achèvement à un rythme soutenu, sous le suivi et l’accompagnement des services du ministère des Transports, et en coordination avec les différentes administrations et organismes officiels concernés, afin de finaliser la phase expérimentale et d’arrêter toutes les procédures techniques et administratives qui permettront de lancer les voyages officiels dans les meilleurs délais possibles », indique la SNTF.

« Cette étape s’inscrit dans le cadre des efforts visant à relancer la dynamique du transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises entre les deux pays frères, et ce dans le cadre de la mise en œuvre de la volonté exprimée par les autorités supérieures des deux pays et de leur souci de renforcer et d’approfondir les liens sociaux et économiques entre l’Algérie et la Tunisie », conclut la même source.

Pour rappel, le premier voyage expérimental pour la relance du train entre l’Algérie et la Tunisie a été effectué au début de juin dernier.

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Gara Djebilet : Un gisement stratégique pour l’Algérie

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   Dans cette contribution, Nacereddine Kazi Tani, Docteur d’état es Sciences, ancien responsable de l’Exploration de l’Algérie du Nord et de l’Off-shore méditerranéen, ancien professeur des universités (Algérie et France), Directeur-fondateur du Centre national de recherches et d’Applications des Géosciences et Directeur du bureau d’études Géoressources (Pau France), revient pour nos lecteurs sur l’importance du gisement minier de Gara Djebilet.

Suite et fin

 

Les Terres rares en Algérie.

Ce sont des métaux hautement stratégiques sans lesquels notre quotidien serait bouleversé. Il y a quelques années on ne les utilisait que dans les pierres à briquet alors qu’aujourd’hui nos téléphones nos ordinateurs, les satellites, les voitures etc.. en sont bourrés. Il s’agit des métaux particuliers dits Lanthanides auxquels s’ajoute l’Yttrium des cases 57 à 71 et 39 du Tableau de Mendéléev. Leur importance a été soulignée par la Crise des Terres rares dont on se souvient entre la Chine détentrice de l’essentiel de cette ressource et les pays avancés (USA, Europe, Japon, Corée) détenteurs de haute technologie. Le plus grand gisement de Terres rares, originellement gisement de fer, est Bayan Obo (Chine). Ce pays détient 44 Millions de tonnes de Terres rares-oxyde devant le Brésil (22 Mt) et la Russie (18Mt) sur un total mondial de 120 Mt. Les minerais ont des teneurs de quelques % (5% à Bayan Obo), la teneur moyenne de l’écorce terrestre (dite Clarke crustal) n’étant que de 0,08%. Les Terres rares sont portées par quelques minéraux ou adsorbées par des argiles particulières. Les principaux minéraux porteurs sont la monazite, un phosphate de Terres rares, la bastnésite, un fluorocarbonate de Terres rares et l’allanite (orthite) un silicate de la classe des épidotes. La recherche des Terres rares en Algérie a débuté dans les années 70 par SONAREM et a aboutit à la mise en évidence de lambeaux de carbonatites à Ihouahène (Ihouhaouène) dans l’In Ouzzal, terrane archéen du NW du Hoggar. Ces lambeaux emballés dans des fénites également porteuses de Terres Rares n’ont pas trouvé acquéreur lors de l’appel d’offre n°03/ANPM/SP/07.

Ihouahène (=Ihouhaouène=In Rabir). Dans ce prospect les TR sont portées par les Apatites « polluées » par la Monazite exprimée en inclusions dans la carbonatite de type 2 et occupant environ 20% du volume. Elle est virtuelle dans la carbonatite de type 1 où elles est de 5 à 15% en volume. Elle est à 3% dans les fénites blanches et à peine 0,5% dans les fénites rouges. Au plan spatial ce sont les carbonatites de type 1 qui occupent l’essentiel du volume des carbonatites dont les veines sont de l’ordre de 500 m de long et 70 m d’épaisseur. Dans les meilleurs des cas, les taux d’oxydes de TR dans les carbonatites de type 1 et les fénites blanches sont respectivement de 0,7635% et 0,1575% et par mètre d’approfondissement dans le cadre d’une exploitation minière, la production des TR sera de 1908 t dans le premier cas et 394 t dans le second cas. La surface d’exploitation étant estimée à 25 hectares, on en conclut que ni sur le plan des teneurs ni des réserves ce prospect n’est intéressant. Sur le plan de la rentabilité économique et compte tenu de la valeur marchande des TR et de l’Yttrium contenu, la valeur du gisement est de 20 millions de $US (prix FAB 2015) par mètre d’approfondissement dont il faut déduire les frais d’exploitation, les coûts minéralurgiques et métallurgiques et d’acheminement vers les plateformes. On en déduit le prospect peu attractif. Les études géologiques sont dues à SONAREM (A. Stachowiek 2006) et USTHB (K. Ouzegane 1987 et K.Ouzegane et al. 1988, 2003, … et S. Boumaza-Benyahia).

Les granites tardifs du Hoggar. On a pensé que les granites Taourirt du Hoggar étaient fertiles en TR, mais on s’est aperçu qu’ils le sont très peu, 140 à 200 ppm. Le granite d’Aït Oaklan qui paraissait le plus intéressant a révélé 291,39 ppm dans sa partie centrale et 377,49 ppm en bordure . Seuls des filons syénitiques en périphérie du granite de Tioueine peuvent être vraiment enrichis en TR (0,12%) mais pas suffisamment pour être exploitables. Deux filons d’Allanites sont signalés dans l’In Ouzzal, mais modeste (145 m/45 cm) et crédités d’1% de TR. Donc rien d’alléchant.

Le Haut Atlas algérien. Nous avons trouvé d’importantes accumulations d’épidotites, très belles roches ornementales aux reflets mordorés composées exclusivement d’épidotes mais on ne sait pas quelle proportion revient aux Allanites porteuses de TR. Des études minéralogiques restent à faire.

Les Terres rares au Sahara central. Il n’est pas question de révéler ici, pour des raisons facilement compréhensibles, la position de ce gisement. Sa réalité est basée sur un raisonnement comme le fît Le Verrier pour découvrir la planète Neptune en 1848 sur la base des anomalies des trajectoires des autres planètes déjà découvertes. Nous avons repris d’anciennes analyses chimiques mais également sur la base de considérations géologiques et géophysiques pour réaliser des calculs qui aboutirent à un gisement géant, le plus grand actuellement imaginé et très riche : 5,55% sur monazite et 1,96% sur Bastnaésite sur un total de 96 Mt de Terres rares – oxydes.

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