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Les COP se succèdent et se ressemblent (Suite et Fin)



Le réchauffement global ou planétaire connu sous l’appellation changement climatique, est un phénomène d’augmentation des températures moyennes des océans et de l’atmosphère au niveau planétaire, depuis une soixantaine d’années. Depuis ses origines qui remontent à plus de 3 milliards d’années, la terre a toujours connu des changements cycliques de climat avec les périodes glacières alternant avec des périodes plus chaudes. Selon les spécialistes et suite à l’analyse de carottes de glace (certaines renseignent sur le climat d’il y a 800 000 ans) qui contiennent des gaz permettant des indications sur le climat de l’époque, ces cycles durent environ 100 000 ans. 

La COP 24 et le blocage sur le mode d’emploi 

La COP 24 joue les prolongations en Pologne. Les discussions autour de la mise en œuvre de l’Accord de Paris contre le réchauffement climatique, qui se déroule à Katowice, dans le sud du pays, ont été prolongées au samedi 15 décembre pour permettre aux délégués de surmonter leurs dernières divergences. Le terrain d’entente a été difficile à concrétiser au regard de l’écart important entre les pays développés et les pays les moins avancés. Pour preuve, la séance plénière de clôture de la COP24 qui regroupe les parties signataires de la convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique (CCNUCC) a été repoussée à plusieurs reprises. Certes, un certain optimisme se dessine mais avec des contours devant satisfaire les parties réticentes. Le texte en discussion porte sur les modalités de mise en œuvre de l'accord conclu en France il y a trois ans, dont l'objectif est de maintenir le réchauffement climatique mondial «bien en dessous» de 2° C par rapport à l'ère préindustrielle.

Un texte aux ambitions élevées 

L’accord de Paris qui a été salué par les participants n’a pu fixer le mode d’emploi pour arriver à stabiliser l’augmentation de la température à 2° C afin de concrétiser l'Accord de Paris. Comme à chaque COP, des engagements volontaires sont ratifiés par des pays pour réduire les gaz à effet de serre sans que des règles de transparence et de contrôle ne soient établies et validées afin de consolider l'édifice. Selon son poids dans le réchauffement climatique, chaque pays se tient à des règles de suivi plus ou moins strictes tout en essayant d’accorder plus de flexibilité aux pays en développement. Les pays riches ont promis 100 milliards de dollars par an à compter de 2020 pour les pays pauvres sans en fixer les règles, les objectifs à atteindre et le respect de la somme. Les engagements pris lors de la COP21 de Paris, à supposer qu’ils soient intégralement tenus, mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C d’ici à la fin du siècle avec des conséquences désastreuses sur les écosystèmes et les vivants. Dans ce contexte, le GIEC estime à juste titre que les efforts des Etats restent insuffisants et si la hausse des températures venait à dépasser les 1,5 °C, il y aurait des bouleversements sans précédent.

Les débats se sont éternisés sans finalité sur le premier objectif de la COP24 qui se résume à l’élaboration du guide d’application de l’accord de Paris qui doit fixer toutes les règles qui permettront de le rendre opérationnel. Les règles de transparence n’ont pu être fixées et elles devaient permettre d’indiquer de quelle manière les pays rendent compte des progrès accomplis et donc respectent leurs promesses. 

Les pays développés soutiennent des règles de suivi identiques pour tous alors que les pays en développement plaident en faveur d’une plus grande flexibilité, car ils disposent de moins de moyens techniques et financiers. Les négociateurs restent perplexes face au fonctionnement des mécanismes de marché ayant trait à la comptabilisation des échanges d’émissions de CO2, qui permettent aux pays les moins pollueurs de revendre des quotas à ceux qui émettent plus. 

Dans cette négociation qualifiée de complexe, il y a lieu de noter le peu de considération accordé aux «pertes et préjudices» induisant des dommages irréversibles causés par les dérèglements du climat. Il semble que le respect des droits humains a disparu du texte, alors qu’il faisait partie de l’accord de Paris. 

Quel que soit le mode d’emploi de l’accord de Paris retenu, il sera loin d’être suffisant et les engagements pris par les Etats lors de la COP21 de Paris, à supposer qu’ils soient intégralement tenus, mettent en effet la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C d’ici à la fin du siècle ; soit 1,5 °C de plus que la limite supérieure. 

Comment pousser les Etats à accroître leurs efforts d’ici à 2020, comme les y enjoint l’accord de Paris alors que des pays pétroliers comme l’Arabie saoudite, le Koweït, la Russie et les Etats-Unis tentent de minimiser les conclusions du GIEC.

La grande avancée de Katowice puisque les 196 États se sont accordés sur des règles techniques communes d’application de l’accord de Paris au détriment des pays pauvres. Les Etats finalement ont opté pour se faire confiance, une conclusion philosophique et politique au lieu d’être pratique en y ciblant des outils d’évaluation. Face aux prévisions, les pays promettent de relever, d'ici à 2020, en tenant leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre. Dans un contexte géopolitique et économique peu propice, les États se sont surtout employés à boucler les règles qui permettront d'appliquer  l'accord, sans plus. Le  mode d'emploi qui se résume à une centaine de pages, fixe notamment les modalités de suivi des actions nationales avec cependant une flexibilité accordée aux pays en développement. Des progrès ont été faits dans la rédaction, sans plus, soulignent certains spécialistes avec une carence élevée de compréhension de la crise actuelle. Le GIEC donne seulement 12 ans pour agir alors que la décision finale de la COP24 se limite à répéter la demande de mise à jour des engagements d'ici à 2020, déjà formulée dans l'accord de Paris. 

La COP24 sur le climat, tenue dans un pays polluant ne restera pas dans les annales de l'histoire ; malgré la menace et le danger réel du réchauffement climatique, elle n’a pas pu aller plus loin. La COP24 a finalement accouché d’un accord, qui n’est qu’une «notice» pour l’application de l’Accord de Paris ; le bilan global est très décevant, soulignent des personnalités averties.

Même si les représentants de certains pays développés se congratulent, des ONG et des pays quasi-condamnés par le changement climatique encaissent pour la énième fois une défaite. Après deux semaines de débats et de tractations, la 24e conférence onusienne sur le climat, l’acte théâtral reste semblable à ceux déjà joués avec comme morale : la fracture entre deux univers irréconciliables, le monde politique des négociations internationales et celui la société civile, humain et ancré dans le réel.

Le financement reste le talon d’Achille de cette COP puisque la somme retenue n’est qu’une goutte d’eau par rapport aux 300 milliards de dollars par an qui seront nécessaires pour répondre aux besoins en adaptation des pays les plus vulnérables d’ici à 2030.

L’ambition était la grande absente au sommet de Katowice qui est un bassin minier, l’un des plus pollués d’Europe. Comment pouvoir imaginer une COP ambitieuse dans un pays dont 80 % de l’électricité est produit à partir du charbon. Car si une cinquantaine de pays se sont bien engagés à revoir à la hausse leurs objectifs de réduction des émissions avant 2020, la COP a échoué à entériner cette promesse pour les pays. Or, s’ils ne sont pas améliorés, les engagements actuels des États nous conduisent vers un réchauffement de 3,2 °C à la fin du siècle.

Jean Jouzel souligne à qui veut l’entendre qu’actuellement la planète se dirige vers +3°C et qu’à +2°C, les conséquences catastrophiques sont connues. Pour maintenir le réchauffement à +2°C, il faudrait réduire d’un tiers les émissions avant 2030 et pour ne pas dépasser +1,5°C, il faudrait les diviser par deux entre 2020 et 2030. Dans la situation actuelle quelles que soient les conclusions et les compromis des COP, un tel objectif est inatteignable.

 

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