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POUR ABSORBER LE CHOMAGE EN ALGÉRIE, 6 à 7% de croissance/an sont nécessaires



L’Algérie aura besoin d’une croissance annuelle de 6 à 7% par an pour absorber le chômage des jeunes qui arrivent sur le marché du travail, estime Rabah Arezki, l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour la région Mena. L’économiste en chef tient à souligner que cet objectif de croissance est réalisable eu égard au potentiel immense, dont dispose l’Algérie que ce soit en termes de capital humain ou de ressources naturelles. 

 «Sans être pessimiste, il relève que les projections de croissance actuelles pour l’Algérie, qui se situent au-dessous de 2%, offrent des possibilités limitées pour la création de l’emploi à court terme. C’est une affaire de structure de l’économie algérienne dépendant du pétrole», explique-t-il. Il suffit juste de connecter le capital humain à la technologie pour libérer la création d'emplois. C’est la voie sûre pour l’Algérie», soutient l’économiste. Mais pour résorber le chômage il faut aussi être «moins conservateur sur un certain nombre de régulations en autorisant l’ouverture de quelques secteurs à la concurrence», suggère Rabah Arezki.  L’économiste en chef soutient qu'il y a des problèmes de structure qu’il faut résoudre «pour libérer le potentiel économique» en intervenant sur trois axes importants que sont la concurrence, l’économie numérique et la transformation des entreprises publiques. Il est primordial, selon lui, d’avoir un cadre institutionnel qui «consacre la concurrence de façon libre et juste» et empêche les monopoles dans les secteurs public et privé. Citant l’exemple des Etats-Unis où la concurrence est au cœur du principe de l’économie de marché, M. Arezki explique que «l’Etat est au-dessus de la mêlée et impose un climat de concurrence pour éviter les problèmes de collusions et de cartels qui se posent assez souvent. La concurrence permet à tout un chacun d’entreprendre sans qu’il y ait des secteurs protégés ou des gens qui ont en un accès exclusif (...). En Algérie il faut bâtir cet artifice institutionnel. Ce sont des éléments de réformes importants qu’il faut mettre en œuvre», insiste l’économiste. Autre levier d’action important : asseoir une économie numérique qui est devenue un gros pourvoyeur d’emplois. L’économiste soutient qu’il y a beaucoup à faire dans ce domaine pour améliorer les services sociaux et développer l’inclusion financière à travers le paiement mobile. Rabah Arezki met également en avant la nécessité de transformer les entreprises publiques en Algérie qui continuent de peser de façon importante sur les dépenses publiques. Ces entreprises captent l’essentiel des crédits à l’économie et deviennent "une source d’endettement" pour l’Etat. Selon lui, «il y a un élément d’effet d’éviction qui empêche d’autres acteurs économiques d’accéder au crédit, et qui pose le problème (récurent) de la concurrence», précise ce spécialiste de l’économie de développement. Dans les secteurs protégés, « les opérateurs ne font pas l’effort d’innover ou d’attirer des talents», constate-t-il, d’où la nécessité de mettre ces entreprises étatiques en concurrence avec les autres.

L’expansion monétaire est problématique

Au plan financier, le responsable de la BM estime que «l’Algérie devrait revenir à une gestion des finances publiques qui n’implique pas l’équation monétaire. L’expansion monétaire est problématique, elle provoque, à moyen terme, l’érosion des réserves de change et comporte en plus un risque inflationniste important». Selon lui, la transformation de l’économie algérienne se fera aussi via l'investissement étranger, qui est appelé à augmenter considérablement si «la situation budgétaire du pays était claire». La visibilité budgétaire en particulier la stabilité des taux d’imposition est un élément important pour capter l’investissement étranger. Résolument optimiste, Rabah Arezki, explique que la hausse des prix de pétrole devrait contribuer au redressement de l’économie algérienne qui a cependant besoin d’un cadre institutionnel permettant à tous les acteurs de réussir.

Dans le même contexte, l’économiste en chef relève l’importance d’un débat économique pour expliquer les réformes structurelles que l’Algérie est appelée à mener : «Je crois qu’aujourd’hui le grand débat c’est de dire qu’on s’est reposé sur un système où la redistribution était importante mais peut-être on a aussi oublié que la vraie inclusion soutenable et viable est celle d’inclure un secteur privé qui va créer des emplois de façon durable», souligne-t-il : «Le vrai modèle inclusif c’est celui qui consacre l’égalité des chances avec un secteur privé ouvert offrant des opportunités aux gens qui veulent contribuer à cette économie», conclut Rabah Arezki. Le taux de chômage en Algérie s’établissait à 11,7 % en septembre 2018, au même niveau qu’un an auparavant, en phase avec la croissance atone enregistrée en 2018, selon les dernières projections de la BM, rendues publiques en avril.

L’Algérie a enregistré l'année passée une baisse «sensible» du taux de chômage : en dessous de 10 %, selon des statistiques établies par des organisations arabes et internationales, selon le conseiller du DG  de l’Organisation arabe du travail (OAT), Mohamed Chérif.  Le même responsable a souligné que l’Algérie a enregistré un taux de chômage de plus de 14%, selon les études élaborées au cours des 10 dernières années estimant que l’Algérie est «l’un des pays arabes qui empruntent la bonne voie dans ce domaine». Il a affirmé s’attendre à «une plus grande baisse» du chômage au regard de la stabilité qui prévaut sur les plans économiques et sociales, appelant à transmettre les expériences de l’Algérie aux autres pays arabes. En septembre 2018, la population active du moment, au sens du Bureau international du Travail (BIT), a atteint 12 463.000 personnes au niveau national, soit une augmentation en volume atteignant 37 000 par rapport à avril 2018 et 165 000 comparativement à septembre 2017. La population active féminine a atteint, pour sa part, 2 435 000 et constitue ainsi 19,5% de la population active totale.

Le taux de participation à la force de travail de la population âgée de 15 ans et plus (ou taux d’activité économique) a atteint 41,7%, soit un recul de deux dixièmes de point par rapport à avril 2018. Décliné par sexe, il est estimé à 66,7% auprès des hommes et 16,4% chez les femmes. La situation du marché du travail, en cette période, se caractérise essentiellement par une augmentation relativement timide du volume de la population active par rapport à avril 2018 : 0,3%. Cependant, cette augmentation est une résultante d’un léger recul du volume de la population pourvue d’un emploi, associé à une augmentation du volume de la population à la recherche d’un emploi au cours de cette même période (un accroissement de 84 000). La population occupée du moment est estimée à 11 001 000 dont 1 961 000 femmes. La population féminine occupée forme 17,8% de la main-d’œuvre totale. L’enquête fait ressortir une baisse de 47 000 dans le volume de la population occupée par rapport à avril 2018, cette baisse est observée essentiellement dans le secteur privé. Le taux d’emploi (ou ratio emploi population), défini comme étant le rapport de la population occupée à la population âgée de 15 ans et plus est de 36,8% au niveau national. Décliné par sexe, il atteint 60,1% auprès des hommes et 13,2% chez les femmes. Cette période a été marquée par une augmentation du volume de l’auto-emploi par rapport à avril de la même année, avec un solde positif de 220 000, une baisse du volume des salariés permanents (55 000), alors que le volume des salariés non permanents connaît une décroissance plus importante estimée à de 233 000. Près de sept occupés sur dix sont salariés (67,3%).

Cette part est plus importante auprès des femmes, puisqu’elle atteint 76,8%. Les résultats de l’enquête font ressortir que 16,1% de la main-d’œuvre totale exerce dans le secteur du BTP (construction) , 16,1% dans le commerce, 15,8% dans l’administration publique hors secteur sanitaire, 14,4% dans la santé et l’action sociale et 11,7% dans le secteur des industries manufacturières. Des disparités significatives sont observées selon le sexe, puisque 76,9% de l’emploi féminin est concentré dans l’administration publique, les secteurs de la santé et l’action sociale et dans les industries manufacturières. Comparativement à avril 2018, nous enregistrons ainsi une baisse dans le volume de la population occupée dans les secteurs de la construction (127 000), l’agriculture (79 000) et les industries manufacturières (43 000). Tandis que les services marchands, le commerce et le secteur des transports et communication ont connu une augmentation du volume de la main-d’œuvre (respectivement 87 000, 61 000 et 33 000). La ventilation, selon le secteur juridique, fait ressortir que le secteur privé absorbe 62,8% de l’emploi total, avec un volume de 6 911 000. L’emploi féminin se démarque par une plus grande concentration dans le secteur public qui absorbe 59,1% de la main-d’œuvre féminine totale. Ventilé par groupe de professions, l’emploi féminin absorbe 55,9% de l’emploi total des employés administratifs, 54% des professions intellectuelles, 37,6% des professions intermédiaires (cadres moyens), et 6,5% du groupe de profession «Directeurs et gérants». La population en chômage au sens du BIT, est estimée à 1 462 000 personnes, le taux de chômage a atteint 11,7% au niveau national, avec une augmentation de 0,6 point par rapport à avril 2018, pour atteindre le même niveau observé en septembre 2017. Ventilé par sexe, le taux de chômage a augmenté davantage chez les hommes, puisqu’il est passé de 9% à 9,9% entre avril et septembre 2018. Alors que le taux de chômage féminin a connu une légère baisse au cours de cette période, passant de 19,5% à 19,4% Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) est passé à 29,1%, soit une hausse de 2,7 points par rapport au mois d’avril. Par ailleurs, la répartition des chômeurs, selon le diplôme obtenu, fait ressortir que 668 000 chômeurs n’ont aucun diplôme, soit 45,7% de l’ensemble de la population en chômage. Les diplômés de l’enseignement supérieur en forment 27,9%, alors que les diplômés de la formation professionnelle en constituent 26,4%. En moyenne, plus d’un chômeur sur deux (56,9%) est un chômeur de longue durée ; cherchant un poste d’emploi depuis une année ou plus.

Les chômeurs ayant déjà travaillé par le passé sont estimés à 728 000, formant ainsi 49,8% de la population en chômage ; constituée majoritairement d’hommes (79,9%). Les trois quarts de cette population travaillaient comme salariés non permanents et 73,7% étaient dans le secteur privé. 41% exerçaient dans le secteur des services marchands, 21,8% dans l’administration et 21,7% dans le secteur de la construction. 62,9% ont quitté leur dernier poste d’emploi pour des raisons de fin de contrat, de cessation d’activité de l’entreprise ou de licenciement. D’autre part, la population qui se situe dans le « halo du chômage » a atteint, en septembre 2018, un volume de 1 637 000 personnes, soit une augmentation de 203 000 par rapport à avril. Les femmes en constituent 56,6%. Il s’agit d’une population relativement jeune ; les moins de 30 ans constituent plus de la moitié de cette population (51,6%). Cette population est caractérisée par son faible niveau d’instruction ; 70,5% n’ont aucun diplôme, alors que 55,1% n’ont pas dépassé le cycle des études moyennes. 29,4% n’ont pas effectué de démarches pour trouver un emploi car ils pensent qu’il n’y a pas de postes d’emploi ou parce qu’ils n’ont pu trouver un emploi par le passé et 26,4% pour des raisons familiales. Soulignons enfin que les résultats sont puisés auprès d’une enquête par sondage effectuée auprès des ménages et réalisée par l’Office national des statistiques (ONS) afin de disposer des principaux indicateurs du marché de travail par rapport à une période de référence. Cette enquête constitue l’une des pièces maîtresses du dispositif statistique qui permet la mesure de l’emploi et du chômage.

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