Algérie-France

Algérie-France

Les relations vont de l’avant

Par Meriem Chibane

Les relations entre l’Algérie et la France vont de mieux en mieux. En moins de 6 mois, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a reçu trois appels téléphoniques de son homologue français, Emmanuel Macron, et chaque fois, les échanges entre les deux hommes étaient des plus cordiaux et plus chaleureux, alors qu’il y a moins d’une année, au lendemain de l’investiture du président Tebboune, c’était le grand froid. Tout le monde parlait d’une crise certaine entre les deux présidents et partant, entre les deux pays, l’Algérie et la France. Mercredi dernier, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a reçu un appel téléphonique de son homologue français, Jean Castex, ont indiqué les services du Premier ministre dans un communiqué. «Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue français, Jean Castex, avec lequel il a abordé les voies et moyens de renforcer la coopération entre les deux pays dans divers domaines et les préparatifs de la prochaine session du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN)», a indiqué un communiqué des services du Premier ministère. Le 9 juillet dernier, c’est le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, qui s’est entretenu par téléphone avec Emmanuel Macron, au sujet de la question de la mémoire entre les deux pays, ainsi que la situation en Libye et au Mali. Moins d’une semaine avant cet appel, un évènement des plus heureux, de l’avis des politiques et de nombreux citoyens algériens et français, est venu renforcer davantage les liens entre les deux Etats et les deux payas, algérien et français. Un évènement historique qui ajoute encore des points au nouveau chef de l’Etat algérien que cet Etat français avait apparemment du mal à accepter au début. L’évènement consiste en la remise par la France des restes de 24 combattants algériens tués au début de la colonisation française. «L’entretien (…) a permis aux deux présidents de passer en revue un certain nombre de questions (…), notamment celles liées à la mémoire et au centre desquelles s’est retrouvée celle de la restitution, le 3 juillet dernier, des restes de vingt-quatre combattants de la résistance algérienne comme de ceux qui demeurent encore à rapatrier et du besoin de travailler à la réconciliation des mémoires des peuples des deux pays », a expliqué la présidence de la République algérienne dans un communiqué. La restitution des crânes par la France est qualifiée par tous de signe fort de rapprochement entre Alger et Paris. C’était presque inespéré après ce qui s’est passé au lendemain de l’annonce officielle de l’élection d’Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’Etat algérien. Ce n’était pas une bonne nouvelle pour le président Macron et son équipe. C’est du moins ce que l’on pouvait comprendre de ses propos, en marge du sommet européen à Bruxelles. Non seulement, Macron n’avait pas félicité le président algérien mais avait déclaré : «Je prends acte» de cette élection ». La phrase a choqué. Il n’empêche que le président Tebboune ne s’est pas laissé faire.  «Concernant le président français, j’ai décidé de ne pas lui répondre» a-t-il dit. Et de poursuivre : «Il est libre de vendre sa marchandise dans son pays. Je reconnais seulement le peuple algérien qui a décidé de m’élire comme président». Déjà, durant la période de campagne électorale, le candidat Tebboune se montrait assez distant de la France et de ses politiques. Une fois, il s’est même attaqué à eux, à travers une de leurs chaines de télévision, France 24 en l’occurrence. Tebboune, sur un ton ferme et décidé, avait lancé : «Je refuse que France 24 me dicte des consignes politiques. Nous, les algériens, savons mieux que personne ce qui est bon ou mauvais pour nous». Tebboune ira même jusqu’à accuser la France d’ingérence dans la politique algérienne : «La France aime s’ingérer et se mêler de ce qu’il ne la regarde pas». Et comme par hasard, dirions-nous, ou c’est le travail de l’ombre des responsables politiques des deux pays, c’est à France 24 que le président algérien accorde un entretien qui réanimera, et de la meilleure des manières, la relation passionnelle entre l’Algérie et la France. Lors de cet entretien, le président algérien a affirmé que le président Macron est quelqu’un de très honnête et de propre historiquement. «C’est quelqu’un de très honnête qui veut apaiser la situation, qui veut servir bien sûr son pays la France et en même temps, permettre à nos relations de retrouver leur niveau naturel. Les relations entre deux pays indépendants, deux pays souverains. « C’est vrai que l’Algérie est une ancienne colonie, mais cela fait 58 ans que c’est un État et un État qui influe sur son environnement, un État pivot et dont la parole compte à l’international, continental et ailleurs aussi», a-t-il dit au sujet de la relation avec la France.

M. C.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.