Algérie Télécom, Algérie Poste, Mobilis, Directions des Ressources en eau…

Algérie Télécom, Algérie Poste, Mobilis, Directions des Ressources en eau…

Limogeages à la pelle

Par Meriem Chibane

Exécution rapide des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, données lors du Conseil des ministres, tenu le 23 août 2020. Le chef de l’Etat avait exigé des solutions définitives aux problèmes de la mauvaise connexion internet et des coupures d’eau, dénoncées maintes fois par les utilisateurs. Mardi, un communiqué du ministère de la Poste et des Télécommunications a annoncé le limogeage des P-DG d’Algérie Télécom et de Mobilis, ainsi que la fin de fonctions du Directeur général d’Algérie Poste, Abdelkrim Dahmani, appelé à «d’autres fonctions». Aussi, des responsables du secteur des Ressources en eau, dans plusieurs wilayas du pays, ont été remerciés. A la tête d’Algérie Télécom est nommé un nouveau responsable, en l’occurrence Hocine Helouane. A la tête de l’opérateur public de téléphonie mobile, est arrivé Adel Dekkali, en remplacement de Bellal Mekkid, en poste depuis mars 2019. Ahmed Choudar, désormais ex-PDG du Groupe Algérie Télécom, est remplacé par Karim Bibi Triki. De l’avis de tous, particulièrement les abonnés des deux opérateurs publics, ce sont là de très bonnes nouvelles. Les citoyens sont d’autant plus satisfaits que cela a été fait en application stricte des décisions du chef de l’Etat. Tebboune est ferme et est à l’écoute des préoccupations des Algériens, commentent de nombreux citoyens.

Lors du Conseil des ministres, le président Tebboune avait demandé au ministre de la Poste et des Télécommunications de «trouver une solution définitive au problème de la faiblesse du débit internet qui compromet le projet de numérisation des services de l’Etat». Le chef de l’Etat a demandé au ministre de «venir à bout, immédiatement, du problème du débit internet et élaborer un rapport détaillé sur ce dossier». La mauvaise connexion internet est un problème sérieux pour l’ensemble des Algériens, travailleurs ou pas, simples citoyens ou opérateurs économiques. Durant la période de confinement, particulièrement, le problème est encore plus contraignant. Le télétravail ne fonctionnait pas (ne fonctionne toujours pas). Le citoyen n’est pas le seul à en pâtir mais aussi l’entreprise et, avec elle, toute l’économie du pays. S’en est trop. La Covid-19 ne doit pas justifier ou couvrir l’échec de toute une gestion du secteur des Télécoms.

Outre les Télécoms, il y a cet autre cet autre secteur de la Poste. Et c’est tout simplement pire. Le calvaire au quotidien. Les détenteurs des comptes CCP, très nombreux d’ailleurs, en grande partie des retraités âgés et sans force, voient le mal de très près. De longues files d’attente se constituent quotidiennement devant les agences et les guichets de poste, sans respect de la distanciation sociale imposée par la nécessité de se prémunir contre le nouveau Coronavirus. Après des heures d’attente, l’argent n’y est pas. Les responsables de la Poste, dont le désormais ex-DG, justifiait cela par le «retard des dépôts en espèces au niveau de la Banque d’Algérie». Des propos qui n’ont pas été soutenus par l’exécutif. Bien au contraire, dans plusieurs déclarations publiques, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, parle d’actes prémédités qui visent à déstabiliser le pays. Vrai ou faux, dans tout cela, ce qui est à déplorer, c’est l’état de désespoir auquel sont arrivées les nombreuses familles qui attendent le salaire de la fin du mois. Ce salaire qui menace en permanence de ne pas être au rendez-vous, en pleine période de crise sanitaire et de confinement. L’ex-DG d’Algérie Poste, n’est pas le seul à payer les frais de cette situation d’anarchie. Le directeur du Centre national des chèques postaux, Amar Benalia, lui aussi a été sanctionné. Une fin de fonction lui a été notifiée.

L’autre secteur touché par les décisions de limogeage et elles sont nombreuses, plus nombreuses que les précédentes, est celui des Ressources en eau. Et c’est toujours sur instruction et décision du président Tebboune. Ainsi, dans la même journée de mardi, un communiqué du ministère des Ressources en eau a annoncé la fin de fonction de plusieurs responsables du secteur, avec celle du DG de SEAAL et de cadres de la même entreprise, il y a quelques jours. Ainsi, le ministre Arezki Berraki, a mis fin aux fonctions des directeurs des Ressources en eau (DRE) des wilayas de Sidi Bel Abbès, Mascara, Ain Témouchent, Relizane, Tlemcen, Naama, Souk  Ahras, Blida, Saida et Tissemssilt. Il a été mis fin fonctions également aux directeurs par intérim des Ressources en eau des wilayas d’Oran, Khenchela, Tébessa, et M’sila. Le ministre a aussi mis fin aux fonctions des directeurs délégués des Ressources en eau et de l’environnement de la circonscription administrative de Timimoune et de la circonscription administrative de Bordj Badji Mokhtar. De même, il a mis fin aux fonctions des chefs de départements des sections des circonscriptions administratives de Birtouta, Chéraga, Rouiba et Bouzaréah à Alger. Voilà qui vient apaiser la colère des citoyens à travers le pays qui n’ont eu de cesse de subir les affres des coupures d’eau à répétition, ajoutées à d’autres problèmes ô combien complexes de la vie de chaque jour.

M. C.

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