Après la mise en garde du président Tebboune

Après la mise en garde du président Tebboune

Djerad passe aux commandes


Abdelmadjid Tebboune a tonné, mercredi dernier, en constatant que ses décisions, prises il y a plus de six mois, n’ont pas été appliquées sur le terrain. Loin d’être content des réalisations effectuées pour l’amélioration des zones d’ombres, le président a décidé de sévir avec le limogeage de certains chefs de daïras et présidents d’APC, avertissant tous ses subordonnés qu’il ne s’agissait là que d’un début. Après la mise en garde du chef de l’Etat, Abdelaziz Djerad prend le relais pour annoncer l’impérative d’une mise en œuvre de la politique du gouvernement dans les plus brefs délais. Le Premier-ministre a ainsi décidé de l’élaboration d’un calendrier précis pour les projets de développement dans les zones d’ombre et du suivi périodique de leur réalisation. Il a préconisé des évaluations mensuelles pour atteindre les objectifs dans les délais fixés. Mais pas seulement. Le Premier ministre veut des réalisations rapides, loin de toute bureaucratie, avec un moindre coût et après concertation avec les citoyens pour définir leurs besoins, et ce, en vue de la consécration de la démocratie participative et la prise en charge des préoccupations des populations. Le tout avant la fin de l’année en cours ! Un pari des plus difficiles, il faut le dire, vu les circonstances actuelles qui nécessitent énormément d’efforts pour la gestion de la crise sanitaire et la rentrée sociale.
Pour Djerad, il faut transformer l’Algérie en un grand chantier et rapidement en donnant la priorité au raccordement aux réseaux d’électricité, de gaz, d’eau potable et d’assainissement et au désenclavement, à travers la réalisation de routes. Les solutions doivent être pensées selon les moyens financiers. Il ne s’agira plus de projets coûteux et à long terme mais de mettre à exécution les quelques 11 815 projets de développement inscrits, les six derniers mois, au profit des zones d’ombre. Ce qui est inadmissible pour Abdelaziz Djerad qui incrimine notamment le manque de coordination intersectorielle, la lourdeur des procédures administratives ou encore l’incapacité des entreprises de réalisation. Des obstacles qu’il faut rapidement levés avec l’adoption d’une démarche intégrée mais aussi l’abolition «des bureaucrates». «Il est vrai qu’il y a des problèmes financiers objectifs, une conjoncture sanitaire (coronavirus), et les conditions du passé, mais des bureaucrates entravent l’exécution du programme du président de la République» a affirmé Djerad lors de son intervention dans la rencontre Walis-gouvernement non sans faire savoir que les choses allaient changer avec un suivi quotidien des décisions qui ont été prises ce qui permettra, peut-être, d’atteindre un taux d’exécution acceptable de 60 à 70%. Un système de suivi local est également prévu au niveau de chaque wilaya, à même de veiller à la mise en œuvre des projets. Que cherche à faire comprendre le premier ministre aux responsables locaux ? La réponse est évidente : Djerad exige de la rigueur dans la gestion des projets et des dépenses publiques. «Désormais, les opérations récurrentes et anormales de renouvellement des trottoirs au titre de réaménagement urbain, ne seront plus tolérées, car elles constituent l’une des manifestations du gaspillage» a-t-il fait savoir estimant que la réalisation des objectifs escomptés et la garantie de leur efficacité passent par la mobilisation de toutes les énergies et la coordination étroite entre les grandes orientations nationales et les programmes locaux et sectoriels, ainsi que par l’entraide avec les partenaires socioéconomiques. L’administration ne monopolisera donc plus la décision économique. C’est à ce titre que M. Djerad a ordonné l’ouverture, au niveau local, d’un dialogue permanent avec le patronat et les représentants des entreprises économiques, publiques ou privées. Et afin d’assurer la transparence dans la gestion des projets et éviter tout risque de collusion, le premier ministre a pris deux décisions. La première est la modernisation de l’administration via la mise en place d’un plan d’urgence de numérisation au niveau local qui permettra un contrôle permanent et strict. La seconde est relative au renouvellement prochain du cadre éthique applicable à l’ensemble des agents publics pour «la prévention des conflits d’intérêts». C’est de cette manière que le premier ministre espère réussir une rupture totale avec les pratiques des anciens gouvernements et recouvrer la confiance du citoyen.
Amine Ghouta

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