Après le référendum pour une nouvelle Constitution

Après le référendum pour une nouvelle Constitution

L’APN dans le viseur

Après avoir annoncé la tenue du référendum portant révision de la constitution le 1er novembre prochain, confirmant son intention de se tenir à son calendrier politique, le Président de la République  Abdelmadjid Tebboune  devrait  préparer le renouvellement de toutes les institutions élues comme promis lors de l’une de ses rencontres avec des représentants de la presse,  il y a quelques mois. L’urgence étant de rafraîchir les rangs de l’APN, une assemblée dont l’élection a été entachée de scandales relatifs à la composition des listes des grands partis majoritaires qui auraient mis en vente les sièges de députés…

Décidé à rattraper les retards accusés dans la mise en œuvre de sa feuille de route, le Président de la République semble avoir donné ces derniers jours un coup d’accélérateur.

Top chrono !

Des dates butoir sont rendues publiques, des délais fixés pour que ses engagements soient tenus devant une opinion publique dubitative. Ainsi, en ce qui concerne la relance de l’économie, le compte à rebours a commencé depuis la fameuse rencontre au Centre International des Conférences d’Alger (CIC) où les participants ont été sommés de proposer des solutions à très courte échéance pour passer à la nouvelle économie créatrice de richesses. Chacun des départements ministériels concernés faisant l’objet d’un suivi, dossier par dossier, lors des réunions du Conseil des Ministres notamment. Il en est de même pour l’administration locale, qui a reçu l’instruction ferme, lors de la rencontre avec les walis, de prendre en charge les décisions du président de la république et de réaliser les projets ciblant le programme dit des «zones d’ombre» avant la fin de l’année .

Le grand ménage

Sur un autre plan, les changements institutionnels ne sont pas à la traîne. Il semblerait au contraire que Tebboune ait constaté une corrélation entre les blocages parfois suspects et la composante humaine des instances chargées d’appliquer ses directives. C’est ce qui l’a conduit à opérer d’importants changements dans l’appareil judiciaire, à remanier le gouvernement après quelques mois de travail. Or, les changements radicaux qui s’imposent dans la gouvernance de la Nouvelle Algérie nécessitent un réexamen global des lois en plus de la réforme de la Loi Fondamentale qui sera soumise au suffrage universel ce 1er Novembre.  Ainsi, des élections législatives seront probablement annoncées dans quelques jours, peut-être couplées aux élections municipales comme l’a laissé entendre l’ex candidat aux Présidentielles, Abdelkader Bengrina, de façon officieuse.

L’APN, prochaine étape

S’il est vrai que l’Assemblée populaire nationale pourrait très bien s’acquitter de la tâche, habituée à voter depuis des lustres et sans trop tergiverser les lois que lui soumet l’exécutif, l’esprit du Hirak qui hante le discours officiel du Président Tebboune ne saurait se suffire de la connivence d’une institution à si mauvaise réputation. Pour rappel,  l’ex-chef du FLN, actuellement en prison, avait provoqué une polémique quand ont fuité des informations  ayant trait à la vente des places sur les listes gagnantes d’avance ; commerce équivalent au marchandage des sièges de l’hémicyclique. Du coup, et même si tous les députés n’ont pas été si mal élus, la mission de « législateur » a été polluée  éclaboussant  une APN, symbolisant l’ère Bouteflika. C’est pourquoi, le Président de la République tiendrait à renouveler l’institution en organisant des élections dans les plus brefs délais.

Ni partisans, ni courtisans

Toutefois, le renouvellement des assemblées élues couvent un mystère. Quelle nouvelle majorité en sortira si les appareils FLN-RND ne sont plus les deux béquilles de la présidence qui a clairement affirmé ne pas vouloir d’une base partisane, préférant s’appuyer sur l’anonyme société civile ? Le courant islamiste, auquel on attribue souvent une forte capacité de mobilisation, prendra-t-il une nouvelle part sur l’échiquier politique ? Quid des autres partis politiques, de l’opposition réclamant une transition ?La rencontre de l’Aurassi, qui a regroupé des acteurs politiques autoproclamés «soutiens à la dynamique de changement», s’apparente à une offre de service qui voudrait substituer à la base partisane refusée par le président, une sorte de rabita fédérant les nouveaux courtisans. Ce qui pourrait finir par gêner le président qui a clairement opté pour une gouvernance sans intermédiaires susceptibles de reformer une nouvelle Issaba nationale. Abdelmadjid Tebboune profitera-t-il de ces élections ouvertes pour se débarrasser des acteurs de l’ancien système et de leurs très mauvaises habitudes ? Défi possible pour peu que le peuple appuie la démarche en s’engageant dans la bataille des urnes, après des décennies de très faibles taux de participation qui ont profité au système. Ce serait associer le Hirak légitime au changement qu’il a su provoquer pacifiquement. Nordine Mzala

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