Boubaghla, Bouziane et les autres…

Par Amar Zentar

La liberté a un prix fort, très fort. Elle ne se donne pas, elle s’arrache. Des hommes de la dimension des Boubaghla et cheikh Bouziane ont tôt fait de le comprendre en prenant, déjà, ce qu’ils avaient comme dérisoires munitions, contre l’occupant français par trop arrogant et méprisant vis-à-vis des véritables autochtones, réduits pernicieusement à de vulgaires indigènes.

Mais ces deux chefs de la résistance animés par leur foi et leur conviction inébranlable d’être dans le vrai-malgré un rapport de force inégal-, parviendront, chacun dans son fief (petite et grande Kabylie pour le premier, Zaatcha pour le second), non seulement à repousser l’ennemi mais, en sus, lui faire subir de lourdes pertes. Cette tranche sanglante d’histoire décuplera la haine de l’ennemi qui s’appuiera sur moult collabos à l’instar des frères Mokrani pour mater la résistance héroïque de ces chefs respectifs et de leurs troupes. Au nom, évidemment, de la fameuse pacification si chère aux Randon et Pélissier.

Et c’est toujours au nom de la civilisation que l’irréparable, l’horreur et l’atroce seront commis puisque ces deux figures emblématiques de la résistance populaire subiront le plus barbare des châtiments : leurs  têtes tranchée et exhibée qui plus est tel un trophée.

Qui dit pire ? Aujourd’hui enfin après plus d’un siècle et demi, les cranes de ces deux héros réintègrent leur matrice originelle par un juste et trop longtemps différé retour de l’histoire. Une gifle aussi quelque part pour tous ces pseudo-spécialistes et autres « historiens » de la vingt cinquième heure qui ont toujours cette haine viscérale des ex colonisés qu’ils tentent aujourd’hui de recoloniser par « partenariat » interposé…Pour en revenir à-propos initial,  centre d’intérêt privilégié de la majorité silencieuse et, par ricochet, des gouvernants, il était temps, en effet que le gouvernement Algérien, mette tout en œuvre pour récupérer son du et accéder au vœu le plus cher de tout patriote et ou nationaliste : mourir n’importe où pour son pays pour être, surtout, enterré chez soi. Car au-delà de la cérémonie symbolique du rapatriement de ces deux chefs de file de la résistance à la horde colonialiste, outre les vingt deux (tiens ! tiens !) autres victimes, on y décèle, essentiellement, une réelle volonté politique de rendre à l’histoire ce qui lui revient de droit et ouvrir, partant, la voie à l’avenir pour d’autres initiatives similaires susceptibles, à bien des égards, de décrisper les esprits et d’assainir, à terme, un dossier si brulant et pour cause….Sinon et nul n’en disconviendra, on n’est jamais mieux enterré que chez soi…

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