Crise au Mali

Crise au Mali

Le plan de la CEDEAO rejeté par l’opposition

L’opposition malienne a rejeté hier le plan proposé la veille par les pays d’Afrique de l’Ouest pour tenter de mettre fin à la crise politique au Mali où des manifestations de rue ont fragilisé le président Ibrahim Boubacar Keita.

« Le M5-RFP constate avec regret que les conclusions du Sommet des Chefs d’Etat ne tiennent pas compte de la profondeur et de la gravité de la crise sociopolitique qui hypothèque l’avenir du Mali », déplore le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques dans un communiqué.

La coalition dont la figure de proue est l’imam Mahmoud Dicko et qui « exige plus que jamais » la démission du président, élu en 2013 et réélu en 2018, « s’étonne » que les dirigeants ouest-africains continuent de ramener la crise à un « simple contentieux électoral ».

Le plan de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) recommande la démission des 31 députés dont l’élection a été contestée et l’organisation de nouveaux scrutins partiels.

Il prône aussi la formation d’un gouvernement d’union nationale au sein duquel serait représenté le M5-RFP. Il réclame enfin une enquête sur les morts survenues ce mois-ci lors de manifestations contre le pouvoir.

Accusant le pouvoir de corruption et révoltés par les attaques sanglantes des groupes armés et le résultat controversé des élections législatives du printemps dernier, des dizaines de milliers de Maliens sont descendus ces dernières semaines dans les rues de Bamako.

Ce mois-ci, des affrontements avec la police ont coûté la vie à 14 manifestants selon les calculs des Nations unies.

Le président Keita a procédé pour sa part à un remaniement du gouvernement tard lundi soir, changeant notamment ses ministres des Affaires étrangères et de la Défense qu’il a chargés de négocier avec l’opposition la constitution d’un gouvernement d’unité nationale.

Le président IBK fait suite aux recommandations du sommet extraordinaire des chefs d’État de la Cedeao, qui a menacé de « sanctions » les récalcitrants.

C’est la réponse donnée par le président IBK à l’appel à l’« union sacrée » lancée par les 15 présidents de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) réunis en visioconférence ce lundi 27 juillet. Le chef de l’État malien a donc annoncé, dans un décret, la constitution immédiate, autour du Premier ministre Boubou Cissé, d’une « équipe ministérielle restreinte dont la mission est de négocier » la « formation d’un gouvernement d’union nationale à même de contribuer à l’apaisement de la situation ».

Plusieurs poids lourds de la précédente équipe, qui avait démissionné après les législatives de mars-avril, conservent leurs postes : Tiébilé Dramé à la tête de la diplomatie, le général Ibrahima Dahirou Dembélé à la Défense ou encore Boubacar Alpha Bah à l’Administration territoriale. L’avocat et homme politique Kassoum Tapo devient ministre de la Justice et le général de division M’Bemba Moussa Keïta, ministre de la Sécurité. Le pouvoir a fait un geste en direction de l’opposition en confiant le ministère de l’Économie et des Finances à un ex-banquier, Abdoulaye Daffé, considéré comme étant proche du Chérif de Nioro, le mentor de la figure de proue de la contestation, l’imam Mahmoud Dicko.

R. I.

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