Développement de l’agriculture productive

Développement de l’agriculture productive

Le pari gagnant

Depuis des décennies l’alarme est tirée par des spécialistes sur la sécurité alimentaire au regard du montant des importations dépassant les 10 milliards de dollars annuellement. Selon certaines études l’Algérie importe le tiers des produits alimentaires destinés à l’Afrique, alors que la population n’est que de 40 millions d’habitants, représentant seulement 3% de la population africaine.

Depuis l’arrivée du président Tebboune, un discours réaliste qui prône une politique de sursaut agricole et une diminution des importations qui sont estimées à plus de 60% des besoins, est aujourd’hui de rigueur.

Les chiffres sans justificatifs avancés depuis des décennies estimant à plus de 35 milliards de dollars la production agricole ne peuvent plus être acceptés puisque démentis par les importations. Le 24 mai, le Premier ministre Mr Tabboune a évoqué le problème de la fiabilité des statistiques en annonçant ; « A ce jour, nous ne possédons pas des statistiques exactes ! Nous sommes encore dans «l’approximation ».

Comment accepter qu’un kilogramme de pomme de terre atteigne les 100 DA en moyenne pour un salaire minimum de 20 000,00 DA alors que les besoins moyens d’une famille de 5 personnes de ce tubercule dépasse les 50 kg mensuellement soit 5000,00 DA, le quart du SNMG. Ou encore que le Maroc produit 700 quintaux/Ha de pomme de terre alors que l’Algérie n’en produit que 300 quintaux/Ha. L’agriculteur Algérien a les mêmes charges que l’agriculteur marocain mais les charges de l’hectare en Algérie coûtent 3 fois plus cher. La question est posée et les solutions seront trouvées incessamment.

Le ministère du Commerce a réussi à cibler les points faibles de la filière et devra réguler ce marché des fruits et légumes. Les vrais problèmes commencent à être pris en charge et le Plan de Relance Socio-économique a inscrit dans son objectif le secteur agricole.

La contrainte majeure dans l’agriculture algérienne est son caractère informel. L’ouvrier agricole n’a ni contrat de travail, ni couverture sociale, ni plan de carrière ; ce qui explique le manque d’engouement des jeunes pour ce secteur. L’agriculteur reste plus proche de la Sonelgaz et des fournisseurs d’intrants que des chambres d’agriculture. Les nombreux instituts ne pourront pas développer des itinéraires culturaux adaptés si les agriculteurs les ignorent. Les collèges d’enseignement agricole et les écoles régionales ont été fermés et les universités ne sont pas outillées pour former de vrais agriculteurs.

En levant toutes ces contraintes, l’agriculture retrouvera sa place dans l’économie du pays et pourra représenter au moins 20% du PIB agricole. Le potentiel est là : une SAU de 8,5 millions d’hectares avec 1 million d’exploitations, une arboriculture avec près d’un million d’hectares, un vignoble de 100 000 hectares, des sols aptes à l’irrigation avec près de 2 millions d’hectares, un potentiel en ressources hydriques de 16 milliards de mètres cubes, la jachère estimée à plus de 2 millions d’hectares. Autant de facteurs aptes à stimuler le secteur agricole.

Avec ce potentiel, le secteur agricole pourrait employer plus de 5 millions de personnes avec au moins 150 jours annuellement et une biomasse de l’ordre de 100 millions de tonnes soit près de 80 milliards de dollars.

K. Benabdeli

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