Enquête de la DGSN après les dégâts des intempéries

Enquête de la DGSN après les dégâts des intempéries

Tebboune menace de lourdes sanctions

Par Meriem Chibane

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné ordre, mardi soir, d’ouvrir une enquête sur les causes réelles des inondations survenues, le jour même, durant la matinée, à Alger et d’autres villes du pays, provoquant le décès d’un enfant de 8 ans à Mila, emporté par les eaux d’un oued et d’importants dégâts matériels.

C’est carrément la DGSN que le chef de l’Etat a chargée de mener ce travail, a indiqué un communiqué de la présidence de la République, convaincu que les désagréments multiples de ces derniers temps sont loin d’être le fait du hasard mais qu’ils sont le produit d’actes malveillants, voire criminels, de personnes ou de groupes de personnes qui visent réellement à déstabiliser le pays sinon le pouvoir en place. Le président Tebboune et son Premier ministre, ont plusieurs fois utilisé les mots «complot», «déstabilisation», «sabotage», «contre-révolution» et autres pour désigner ces «manœuvres contre la stabilité du pays». Tebboune considère que la guerre contre ceux qui ont mené le pays à la dérive n’est pas encore gagnée et c’est surtout sa décision de lutter contre l’argent sale et de récupérer l’argent dilapidé et transféré à l’étranger qui fait réagir encore ces parties occultes. Problèmes de coupures d’internet et d’eaux, manque de liquidités dans les bureaux de poste et les banques, incendies ravageurs, protestations…tout un ensemble de faits qui se sont succédé et qui semblent s’amplifier et se diversifier malgré toutes les mesures prises pour les contourner. Comme une goutte qui fait déborder le vase, les inondations de mardi matin ont suscité une grande colère chez le président Tebboune. Il s’est adressé directement à la DGSN et a exigé des résultats rapides pour des sanctions rapides. On ne joue pas avec la vie des Algériens et pas question de mettre, à nouveau, en otage, l’Algérie. Tebboune menace de lourdes sanctions ceux qui vont à l’encontre des grandes aspirations du peuple algérien. Il a limogé les PDG d’Algérie Télécom, d’Algérie Poste, de Mobilis, le DG de SEAAL, de nombreux cadres du secteur des ressources en eau…et d’autres encore. Cette fois-ci, la menace pèse sur le premier responsable de ce secteur des Ressources en eau. C’est que ce dernier n’a pas vu venir les choses, alors qu’il y avait de grands indices, à commencer par les coupures d’eau avant l’Aid El-Adha qui ont fortement pénalisé les familles, jusqu’au non nettoiement des avaloirs, alors qu’il y avait largement de temps pour s’occuper de cette tâche durant toute la période de confinement. Avant l’arrivée de ces pluies automnales, un bulletin météo spécial a été émis par les services de l’Office national de météorologie (ONM) et repris plusieurs fois par les chaines de télévision et de radio. Rien n’a été fait. Invité à une émission de l’ENTV, le DG d’Asrout, Aitter Saâdoune, a annoncé le nettoyage de tous les avaloirs et regards des localités touchées par les inondations. Il a affirmé que SEAAL aura également des missions à effectuer pour gérer le problème des inondations. Réagir après coup, non avant. De son côté, le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, invité de l’émission «Invité de la rédaction» de la chaine 3 de la radio algérienne, a affirmé que c’est le volume des eaux pluviales qui est à l’origine des inondations enregistrées. «Il a plu en trois heures l’équivalent d’un mois entier» a-t-il dit. Selon Berraki, les avaloirs n’ont pas pu contenir la quantité des eaux tombées. Ce qui est très loin de convaincre aussi bien le citoyen lambda que les spécialistes en la matière. Et certainement pas le président Tebboune. Des images nombreuses diffusées sur les réseaux sociaux montrent l’ampleur non seulement des dégâts engendrés mais de la négligence et du travail bâclé à tous les niveaux. La veille de l’Aid, des coupures d’eau, ayant duré des heures, des journées et des nuits entières pour certains, ont affecté des foyers à Alger, Tipaza et ailleurs. La fête de l’Aid a été gâchée.

Réponse non convaincante

Le ministre des Ressources en eau, Arezki Berraki, le directeur général de l’ADE, Smail Amirouche et d’autres cadres du secteur se sont déplacés à la station de pompage de Fouka qui s’est soudainement arrêtée. Une enquête a été ouverte, des responsables ont été sanctionnés. Dans son intervention, mardi à la radio, le ministre a affirmé que les résultats de cette enquête seront annoncés incessamment. Cela va changer quoi exactement ? Des responsables partent, d’autres arrivent et les mêmes défaillances sont signalées ça et là. Aujourd’hui, plus que jamais, les algériens sont appelés à une vigilance extrême, surtout en cette période de crise sanitaire. Le citoyen algérien doit surtout faire montre de civisme. Les avaloirs n’étaient pas bouchés tous seuls mais parce que toutes sortes de déchets y ont été entassés au su et au vu de tous.

M. C.

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