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Entretien avec Ezzedine Ghlamallah (Suite et fin)



L’ensemble de ces mesures doit permettre à l’Algérie de mieux financiariser son économie affaiblie par des exportations insuffisantes et le poids du marché informel. 

«L’Algérie a beaucoup a y gagner avec la finance islamique»

Crésus : Quelle est l’approche pédagogique retenue ?

Ezzeddine Glamallah : Le Symposium se distingue des très peu nombreux événements jusque-là tenus autour de cette même thématique, essentiellement par deux particularités : 

En plus du diagnostic, l’état des lieux et les constats déjà établis sur le secteur financier en Algérie, le Symposium sera l’occasion de procéder à un benchmarking - pays, et pas que musulmans, et qui ont opté pour l’introduction de la finance islamique dans leur système financier. Ce qui permettra un retour d’expériences, de réussite ou d’échecs, pour en tirer les meilleurs enseignements. 

Les participants pourront scruter le marché et bénéficier des apports des plus grands experts du secteur. En réunissant sur le même site les spécialistes d’horizons divers, le Symposium apporte des réponses concrètes aux préoccupations des professionnels, notamment ceux désireux de développer leurs activités en lien avec la finance islamique et l’assurance Takaful. 

Le Symposium, grâce à la richesse de son programme, va permettre aux participants de débattre et de rencontrer de façon privilégiée les experts et les acteurs majeurs du secteur. Une véritable ouverture à la question de l’implémentation de la finance islamique et de l’assurance Takaful en Algérie, une rencontre où toutes les questions seront permises pour oser le changement.

Il se veut, de ce fait, l’espace idéal de débats, d’échanges et de rapprochement des idées pour toutes les parties prenantes en vue de permettre la meilleure des visibilités et maîtrise de ce nouveau challenge.

 

Que comptez-vous faire après le Symposium ?

En tant que société de conseil et de formation, nous continuerons à accompagner les acteurs institutionnels dans la mise en œuvre de la finance islamique et de l’assurance Takaful en Algérie et, bien sûr, nous commencerons à travailler sur l’édition du SAAFI 2019 puisque nous souhaitons que notre travail puisse s’inscrire dans la pérennité et la continuité.

M. Ezzedine Ghlamallah : Fort de 10 années d’expérience dans le domaine bancaire et assurantiel, consultant co-fondateur de SAAFI, cabinet de conseil et de formation en finance islamique. Il oriente les institutions et organisations dans l’élaboration de projets de finance islamique et d’assurance Takaful, notamment sur le marché européen et en Afrique du Nord. Aujourd’hui, il enseigne la finance islamique dans plusieurs universités et apporte sa contribution scientifique à ce domaine en plein essor.

 

Organisateur : SAAFI cabinet de conseil et de formation en finance islamique.

Chiffres-clés de l’industrie Financière islamique :

 2200 milliards de dollars d’actifs en 2017. 

3700 milliards de dollars d’actifs en 2022. 

1407 d’institutions financières islamiques. 

1394 fonds d’investissement islamiques.

 

Chiffres-clés de l’économie algérienne :

40,61 millions d’habitants en 2016.

3,7% de croissance en 2016.

46,7 milliards de dollars en circulation dans l’économie informelle à fin 2017. 

97,3 milliards de dollars de réserve de change à fin 2017.

 

Le symposium SAAFI 2018 :

SAAFI 2018 est un symposium unique dont le but est d’assurer la meilleure implantation possible de la finance islamique et de l’assurance Takaful en Algérie : véritable carrefour et point de convergence de l’expertise et des compétences, ce rassemblement d’experts nationaux et internationaux doit permettre d’apporter aux institutionnels et aux professionnels du secteur bancaire, assurantiel et financier de la place d’Alger toute l’expertise indispensable à la réussite de ce nouveau défi.

 

Objectifs du symposium :

L’objectif du Symposium Algérien de l’Assurance et de la Finance Islamique SAAFI 2018 est d’accompagner les efforts des pouvoirs publics dans leur rôle d’intégration des produits de finance islamique, dits alternatifs, et conformes aux préceptes de l’Islam dans le système financier national en vue de l’élargissement de la bancarisation et l’inclusion des ressources financières disponibles.

 

Finance islamique en Algérie :

Bien que de multiples annonces prévoyaient que trois banques publiques algériennes allaient offrir des solutions conformes à la finance islamique avant fin 2017, seule la Caisse Nationale d’Epargne et de Prévoyance (CNEP) a lancé en novembre 2017 un produit de financement immobilier islamique.

Malgré ce contretemps, l’Algérie Presse Service (APS) rapporte que l’actuel ministre algérien des Finances, Abderrahmane Raouia, a récemment affirmé que d'autres produits participatifs proposés par la Banque de Développement Local (BDL) et la Banque de l'Agriculture et du Développement Rural (BADR) seront lancés au cours du premier semestre 2018.

Rappelons qu’à l’instar de la CNEP, la Banque de Développement Local (BDL) propose déjà depuis 2016 un compte d'épargne sans intérêt. Le ministre a par ailleurs indiqué que les autres banques publiques devaient lancer leurs produits participatifs au cours du second semestre. L’agence indiquait également le 14 février dernier qu’une instance de contrôle, dont la Banque d’Algérie et le Haut Conseil Islamique seraient parties prenantes, allait être mise sur pieds pour accompagner les opérateurs et le développement du marché.

Du côté de la Bourse d'Alger, le travail d’implantation de la finance islamique et de ses instruments suit son cours : la place développe actuellement des structures et des montages permettant l’émission de Sukuk (certificats islamiques) dans le but d’être pleinement opérationnelle une fois le cadre légal défini. Rappelons que d’après ICD & Thomson Reuters le marché mondial des 2438 Sukuk en circulation valait 345 milliards de $ en 2016 et doit dépasser à l’horizon 2022 la barre des 600 milliards de $. L’ensemble de ces mesures doit permettre à l’Algérie de mieux financiariser son économie affaiblie par des exportations insuffisantes et le poids du marché informel. L’utilisation des Sukuk et la création d’une offre grand public remplissent le même objectif de financement de l’économie algérienne, leurs contributions à l’atteinte de cet objectif ne s’effectuent cependant pas de la même manière mais restent néanmoins complémentaires.

Non seulement l’utilisation des Sukuk va permettre à l’Algérie de diversifier ses sources de financement externes en lui donnant accès aux investisseurs institutionnels islamiques, mais elle va aussi contribuer au financement de ses entreprises nationales qui pourront, une fois que le marché sera mature, trouver en ces titres hybrides participatifs une solution de financement à leurs problématiques de trésorerie sans pour autant passer par une introduction en bourse ou avoir recours à des émissions obligataires. 

Quant à l’offre de produits bancaires grand public, elle aura pour premier effet de soutenir le marché de l’immobilier et de la construction grâce à l’octroi de nouveaux crédits. Grâce à la mise sur le marché d’une offre grand public de comptes d’épargne sans intérêts et/ou participatifs, les banques arriveront à drainer de nouvelles ressources dormantes thésaurisées hors circuit bancaire ou en circulation sur le marché informel. Le 12 mars dernier, le Fonds Monétaire International (FMI) indiquait dans un communiqué de presse que l’Algérie avait intérêt à consolider son situation budgétaire sans avoir pour autant recours au financement monétaire de la banque centrale. Dans cette optique, le FMI préconisait de recourir à un large éventail d’instruments de financement, notamment l’émission de titres de dette publique et idéalement d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis.

Il y a donc fort à parier que l’Algérie émette un Sukuk souverain dans un avenir proche et que le développement de la finance islamique s’accélère.

 

Conditions de développement :

«Le développement de la finance islamique en Algérie est promis à un bel avenir à condition d’obtenir le soutien des pouvoirs publics. Cela, à travers l’instauration d’un cadre chari’atique, juridique et fiscal, destiné à favoriser la compétitivité et l’attractivité des solutions offertes par la finance islamique et l’assurance Takaful.» 

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