Guerre des gangs, pollution, médicament et marché africain

Guerre des gangs, pollution, médicament et marché africain

Tebboune mène sa bataille

Le président a décidé de sévir contre les personnes impliquées dans des guerres de gangs en prévoyant des peines allant jusqu’à la réclusion à perpétuité.

Amine Ghouta

Malgré une chaleur torride, le président et ses hommes n’ont pas droit au repos. Abdelmadjid Tebboune qui a réuni, dimanche dernier, le conseil des ministres, a passé en revue plusieurs dossiers plus importants les uns que les autres. Mais il  n’a pas manqué d’ordonner, encore une fois à ses ministres d’être davantage à l’écoute des citoyens et prendre en charge leurs préoccupations, tout en évitant les décisions hâtives. C’est pour assurer la quiétude de l’Algérien, que le chef de l’Etat s’est d’ailleurs penché, en premier, sur un phénomène étranger à notre société mais qui prend de l’ampleur. Il s’agit de la guerre des gangs qui créée un climat de psychose dans certaines citées et quartiers du pays.  Bannir la violence sous toutes ses formes est l’une des luttes que mène le président de la République depuis son élection. Abdelmadjid Tebboune qui s’est engagé à protéger la femme et qui a mis fin aux agressions subies par le personnel médical, se prépare à mettre un terme aux batailles rangées. Demandant, il y a quelques semaines, à son ministre de la justice de se pencher sur la question, le président a eu à examiner et à débattre d’un projet d’ordonnance concernant ce phénomène, lors du conseil des ministres, ledit projet présenté prévoit un durcissement des peines à l’encontre des personnes impliquées dans les batailles rangées, qui seront punis d’une peine allant de 5 ans de prison ferme à la perpétuité en cas d’homicide et cela  en plus d’une amende qui peut atteindre deux millions de dinars. Outre l’emprisonnement, le texte de loi propose l’interdiction, d’importer, de vendre, de posséder, de fabriquer et d’utiliser les armes blanches de type épée et poignard dans le but d’approvisionner les gangs des quartiers. Il propose aussi d’exclure les personnes condamnées pour participation aux batailles rangées des dispositions relative à la grâce.  Intervenant après la présentation du projet de loi, le président a donné des instructions à l’effet d’intensifier l’action de la Commission nationale et des sous-commissions locales créées dans le cadre dudit projet d’ordonnance soumis au débat, tout en impliquant la société civile dans la lutte contre cette criminalité.  Il a, également, chargé le ministre de la Justice, d’élaborer une loi contre le kidnapping pour préserver la sécurité des citoyens et de leurs enfants. Le président a affiché sa satisfaction de l’annonce de la création de deux nouveaux pôles économique et financier.

Industrie pharmaceutique, environnement et marché africain

Sur un autre volet, celui de l’industrie pharmaceutique, il est notamment question pour l’Algérie d’adopter une nouvelle démarche permettant de booster les exportations du secteur et de réduire sensiblement la facture d’importation tout en préservant la santé du citoyen, comme l’a déclaré le chef de l’Etat qui n’a pas manqué d’instruire le premier responsable de la filière d’assurer à la société Saïdal un accompagnement particulier pour lui permettre de recouvrer son leadership en matière de production de médicaments et de récupérer sa précédente part du marché national. Mais cela n’empêche pas d’ouvrir la porte aux jeunes et aux start-up pour accéder au monde de l’industrie pharmaceutique et exporter leurs produits, a fait savoir le président Tebboune qui tient à la réduction de la facture d’importation de 400 millions de dollars d’ici à la fin de l’année en cours. Il met également l’accent sur l’organisation et la régulation du marché pharmaceutique mais aussi sur le renforcement du contrôle pour lutter contre les laboratoires et lobbies impliqués dans des opérations d’importation clandestine de médicaments et les trafiquants de psychotropes et de drogue, utilisés parfois en tant qu’arme pour déstabiliser les Etats.

La protection de l’environnement a également eu sa part de débat lors du conseil des ministres. La ministre du secteur a présenté sa feuille de route de relance et de développement des activités dans le cadre de la nouvelle approche socio-économique. Le dossier étant d’une importance extrême pour le président qui tient à assurer au citoyen un cadre de vie qualitatif, il a ainsi insisté sur la coordination avec la société civile afin d’embellir nos villes. Il a aussi appelé à relancer le projet du Barrage vert et chargé le ministre délégué de l’environnement saharien de se rendre au sud pour mettre en place un plan d’urgence de lutte contre la pollution au niveau des sites archéologiques et touristiques et pour l’amélioration du réseau d’assainissement. Pour le chef de l’Etat, la culture environnementale doit absolument être introduite dans les écoles.

Le dernier dossier examiné et approuvé a porté sur l’accord portant création de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAF), conclu le 21 mars 2018 à Kigali. A ce propos, le président Tebboune a donné des orientations claires aux ministres concernés à l’effet de tirer avantage des expériences de libre échange qu’a connues l’Algérie avec les autres ensembles régionaux, en vue de s’assurer de l’origine africaine des biens et marchandises en circulation dans la zone de libre échange et dont le taux d’intégration ne doit être inférieur à 50%. Il faut dire que le déploiement économique et commercial sur le continent africain, est d’une grande importance pour l’Algérie car il lui ouvre les portes sur un marché de 1,2 milliards de personnes, susceptible de générer 3,4 milliards de dollars de richesses.

A.G.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.