Impact du Coronavirus

Impact du Coronavirus

Quel traitement pour l’économie «contaminée»?

Mais à quoi il faut s’attendre dans ce rapport ? Le tableau qui sera dressé sera alarmant, il ne faut pas se cacher la face. Le fait est là : il y a les secteurs qui ont été complètement paralysés du fait de la covid-19 dont le transport, le tourisme, la restauration, l’hôtellerie et l’énergie.

La Commission de sauvegarde chargée d’évaluer les incidences causées par la pandémie du nouveau Coronavirus (COVID-19) sur l’économie nationale, installée samedi dernier, a terminé son travail. Son rapport devait être fin prêt hier, comme l’avait annoncé le Premier ministre, et programmé à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil des ministres prévue dimanche prochain après sa présentation au conseil du gouvernement. Outre des représentants du Gouvernement, cette Commission est composée de représentants d’organisations patronales, d’associations professionnelles, de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP), de think tanks et du Conseil national économique et social (CNES). Ce groupe de travail a été chargé de présenter un exposé «pratique» et de proposer des solutions «concrètes loin de toute théorie et idéologie».

Chaque membre de la commission, représentant un secteur, est en mesure de faire une évaluation des incidences socio-économiques induites par la pandémie de la Covid-19 en toute objectivité et loin des surenchères, le but étant de préparer l’après-crise sanitaire et de préserver les entreprises et les postes d’emplois. Et c’est bien évidemment la préservation du tissu économique qui permettra la relance. Mais à quoi, il faut s’attendre dans ce rapport ? Le tableau qui sera dressé sera alarmant, il ne faut pas se cacher la face. Le fait est là : il y a les secteurs qui ont été complètement paralysés du fait de la covid-19 dont le transport, le tourisme, la restauration, l’hôtellerie et l’énergie. Air Algérie, à titre d’exemple, a enregistré des pertes de près de 16,5 milliards DA en deux mois. Ce chiffre est à multiplier par deux dans le secteur du tourisme. Quant à la Sonelgaz et de l’aveu même du ministre de l’Energie, la société est «à genoux».

Le redressement de l’économie ne sera donc pas évident et il est à se demander quelles solutions s’offrent à  l’Etat pour rétablir la situation au moment même où la crise financière est à son summum. Des propositions ont déjà été formulées par les opérateurs économiques et seront sûrement inscrites à nouveau dans le rapport de la commission. Il s’agit de mesures d’allégement fiscal et parafiscal, dont la suspension des charges sur les entrepreneurs durant la période de contamination, de facilitations bancaires en faveur des entreprises, dont l’octroi de crédits avec des taux soutenus, l’exonération d’intérêts pendant 6 mois et la facilitation d’obtenir des crédits d’exploitation au profit des entreprises, au cas par cas, avec 0 intérêt. Les propositions incluent également des mesures liées aux marchés publics dont la libération des dettes des entreprises de réalisation, la suspension des pénalités de retard, en sus des mesures ayant trait au versement des salaires des travailleurs confinés, à l’instar de la prorogation de l’éligibilité de l’assurance-chômage au profit des professionnels libéraux et salariés des sociétés à l’arrêt. La création du Fonds d’aide aux micro et moyennes entreprises en difficulté figure également comme proposition. Reste à savoir maintenant quelles seront les propositions qui pourront être effectivement concrétisées et rapidement. En fait, il s’agit de connaître le montant des pertes occasionnées par la crise sanitaire et celui qu’il faudra injecter pour desserrer l’étau sur les entreprises asphyxiées. Certes l’Etat redoublera d’efforts pour apporter son appui aux entreprises impactées et à engager les réformes indispensables à la concrétisation de la relance économique mais il est attendu des entreprises, publiques ou privées, d’être plus combatives et plus créatives. Elles sont tenues de trouver des solutions aux problèmes rencontrés, avoir le génie nécessaire  pour créer de la richesse. En fait, le gouvernement qui a décidé d’adopter une nouvelle méthode pour traiter avec les partenaires sociaux et économiques, basée sur la clarté et le dialogue vrai, appelle à la conjugaison des efforts pour la relance sur tous les plans. Il affirme continuer à soutenir les entreprises et les emplois mais  cela ne signifie nullement un retour vers «l’Etat providence».

Amine Ghouta

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