Investissements chinois dans le monde

Investissements chinois dans le monde

Avenir incertain en Algérie

Alors que l’influence de la Chine au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA) ne cesse de croître, notamment avec la signature par dix-sept pays de documents relatifs à l’initiative de pékin de la Route de la soie, des voix commencent à s’élever de plus en plus dans certains pays pour remettre encore l’expansion de ce pays ami mais encombrant.

Publiés vendredi dernier, les résultats d’un sondage mené par Arab Barometer sur le niveau d’influence de la Chine dans la région, suggèrent qu’il existe une ouverture significative pour l’Empire du milieu dans la région.

Mais avec un score de 36 %, l’Algérie ne figure pas parmi les pays favorables au renforcement des liens avec la Chine. Arab Barometer explique ce faible score par « des soupçons importants concernant tout investissement étranger ». Autrement dit, il est fait allusion aux marchés juteux que les entreprises chinoises ont obtenus durant les deux décennies passées et dans lesquels les oligarques algériens dont beaucoup sont aujourd’hui derrière les barreaux, sont les principaux partenaires dans la réalisation.

Selon le sondage, repris par le site Algérie Eco, la moitie des 12 pays sondés est en faveur de relations économiques plus solides avec la Chine. Ce soutien est le plus fort en Jordanie (70%), qui n’a pas encore rejoint l’initiative de la Chine.

Plus de six pays sur dix sont également favorables à des liens économiques plus solides, notamment la Libye (63%), et le Soudan (62%), qui, comme la Jordanie, ont connu des défis économiques importants ces dernières années, indique la même source.

Les citoyens de la région MENA sont par ailleurs favorables à une assistance étrangère accrue. Dans neuf parmi les onze pays où la question a été posée, la moitié des personnes interrogées ou plus  disent que l’aide étrangère de la Chine devrait augmenter, y compris 73% des Jordaniens, 68% des Soudanais, 65% des Yéménites et 60% des Palestiniens.

Toutefois, les Algériens ont exprimé leur réticence à un renforcement de la coopération avec la Chine, puisque 38% des personnes sondées ne veulent plus d’aide de la Chine, selon la même source.

En dépit de tout cela, les résultats de l’enquête montrent que la Chine est la puissance mondiale la plus populaire de la région MENA, les citoyens étant plus ouverts à des liens plus solides qu’ils ne le sont avec les États-Unis ou la Russie.

Même si la popularité de la Chine s’étend à tous les pays étudiés avec des préférences nettement plus élevées au Yémen (+30 points), et nettement moins en Algérie (+12). L’Egypte reste cependant le pays où la Chine est le moins appréciée (-8 points), en raison des liens économiques plus solides avec les États-Unis par rapport à la Chine, explique la même étude.

Le sondage conclue que si la Chine continue de promouvoir des investissements qui profitent davantage à Pékin qu’aux pays bénéficiaires, son soutien élevé risque de ne pas durer. Dans le même temps, si la Chine parvient à convaincre les citoyens de la région que son engagement travaille pour leur bien, il est possible qu’elle bénéficie du soutien populaire pour les années à venir, a conclu le sondage.

Ramdane Yacine

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