L’ambassadeur US Desrocher achève son mandat en Algérie

L’ambassadeur US Desrocher achève son mandat en Algérie

Une coopération en deçà des attentes

Fin de mission pour John Desrocher, ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en Algérie. Reçu, tour à tour par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, et le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum, le diplomate américain fait ses adieux, après avoir passé trois ans en Algérie. A l’instar de ses prédécesseurs, M. Desrocher n’hésite pas à sillonner les régions du pays, et à « partager » avec le peuple algérien ses fêtes nationales et religieuses, faisant siennes ses coutumes et traditions. Jeune et chevronné, Desrocher jouit d’une longue expérience aussi bien dans le dossier sécuritaire qu’économique. Il fut de 2014 à 2017 sous-secrétaire d’Etat adjoint pour l’Égypte et les Affaires du Maghreb, après avoir occupé le poste de chef de mission adjoint à l’ambassade des Etats Unis à Bagdad.  Il a également servi à Bagdad de 2009 à 2010 en qualité de Conseiller ministériel pour la coordination économique, période durant laquelle il était responsable des questions de politique économique des États-Unis et de l’Irak.  De 2006 à 2009, il a occupé le poste de consul général des États-Unis à Auckland. Comme il a une grande expérience dans le domaine du commerce international et des questions du Monde Arabe. Le diplomate américain a affirmé que l’établissement de nouveaux partenariats avec l’Algérie reste « une des priorités des Etats-Unis d’Amérique». Il est aussi un fervent partisan du renforcement des relations bilatérales et de l’« encouragement des investisseurs à opter pour des partenariats solides ». Lors de son mandat, il s’est attelé à mettre en œuvre un programme basé sur le renforcement de la coopération sécuritaire, le développement du Commerce et l’investissement, et travailler avec les homologues algériens, alors qu’ils poursuivent les réformes économiques et politiques. Sur le plan sécuritaire, il a toujours été reconnaissant du rôle de l’Algérie dans l’« exportation » de la paix à ses voisins. « Je suis constamment impressionné par les efforts déployés par l’Algérie pour encourager la réconciliation politique en Libye et engager les États voisins à appuyer un accord politique pour le règlement de la crise libyenne », a-t-il affirmé. M. Desrocher a expliqué que l’Algérie « en tant que plus grand pays d’Afrique, situé dans une région instable, reconnaît la menace que posent les troubles régionaux à sa sécurité intérieure ». Dans ce même volet, le diplomate s’est dit prêt à contrer toute menace terroriste, générée par le retour des combattants étrangers de régions en conflit comme l’Irak et la Syrie. Cependant, si le volet sécuritaire et commercial sont quelque peu satisfaisants, celui des investissements est en deçà des espérances de M. Desrocher, puisqu’à l’exception du secteur de l’énergie, les deux pays peinent à concrétiser un partenariat économique diversifié. Il convient de rappeler que dans un entretien téléphonique en mai dernier avec l’ambassadeur Desrocher, le ministre du Commerce Kamel Rezzig a insisté sur « l’impératif de développer et de conforter les relations économiques entre les deux pays, en les fondant sur des bases solides », soulignant que l’Etat algérien poursuit ses démarches pour l’amélioration du climat des affaires, une volonté qui s’est concrétisée par la suppression de la règle 49/51 à l’exception de certains secteurs stratégiques. Comme il a tenu à préciser que « l’Algérie est favorable aux investissements et partenariats américains sur la base d’une relation gagnant-gagnant ». C’est l’objectif auquel s’attèlera le successeur de M Desrocher. D’autant plus que les Etats Unis seront l’invité d’honneur de la prochaine Foire internationale d’Alger. 

Karim Aloui

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