Les examens ont tenu le pays en haleine pendant cinq jours

Les examens ont tenu le pays en haleine pendant cinq jours

Bac 2020 : contraignant jusqu’au bout !

Jeudi 17 septembre était le dernier jour des épreuves du Baccalauréat, millésime 2019/2020.

Une année scolaire pas comme les autres, marquée par la pandémie de la Covid19 et un arrêt des cours dès la mi-mars, sacrifiant le troisième trimestre pour cause d’impossibilité de reprise du cursus scolaire.

Une semaine d’épreuves durant laquelle l’ensemble des citoyens ont consenti bien malgré eux à vivre coupés du monde. En effet, chaque année depuis trois ans, les autorités publiques privent des millions d’agents économiques, ministères et citoyens de connexion internet dans le but d’éviter que les sujets d’examens ne soient publiés sur les réseaux sociaux.

Il serait intéressant d’évaluer les pertes financières engendrées par ces coupures, même si le niveau d’intégration relativement faible de l’économie algérienne à l’échelle globale absorbe le choc. Ce qui nous amène à nous demander, à l’heure où des appels à la généralisation du paiement électronique sont lancés, si réellement toutes les conditions sont favorables à une telle transition, tant au niveau des habitudes du consommateur que de la capacité/volonté réelle de migrer vers plus de transparence.

Les opérateurs téléphoniques dans un mutisme gênant

Aucun opérateur téléphonique et à leur tête Algérie Télécom n’a publié de communiqué concernant les coupures internet qui allaient perturber des millions de foyers à travers le territoire national. Ce qui relève pourtant d’une simple opération de communication au sein d’une entreprise.

Alors même que des millions de clients ont payé un service auquel ils n’auront pas accès, aucun mot d’excuse à leur égard, ni même un dédommagement en guise de « geste commercial ». Le trafic est perturbé, mais les données, elles, continuent de fonctionner.

Le phénomène de la triche au centre des préoccupations

Dans le cadre de l’égalité des chances qu’est supposée offrir l’école en tant qu’institution, il est tout à fait normal de protéger la qualité de l’enseignement et la valeur des diplômes qu’elle décerne à l’issue d’un parcours scolaire donné.

Cela dit, on peut se demander pourquoi autant d’acharnement à vouloir publier les sujets des examens ? Pourquoi autant de pression autour du BAC en Algérie, quand sous d’autres cieux il tend à disparaître ?

Certaines voix parlent d’un examen trop « élitiste », trop difficile à obtenir, notamment par l’absence de sessions de rattrapage qui permettent de rectifier un éventuel « accident » de la part du candidat le jour J. Mais aussi d’une pression supplémentaire liée à l’obtention d’une certaine moyenne, permettant aux candidats d’étudier à l’Université la filière qu’ils souhaitent et non pas une filière par dépit.

Des professeurs déplorent également le peu de cas fait de l’évaluation en contrôle continu pendant la terminale, les étudiants obtenant une autorisation tacite de s’absenter sous prétexte de mieux réviser à la maison.

« Hecha la ley, Hecha la trampa »

Ce vieux dicton très populaire dans la culture hispanique pourrait être traduit par « Aussi vite une loi est-elle édictée, aussi vite la fraude est-elle organisée ».

C’est une constante de la nature humaine et tous les candidats du monde sont tentés par la fraude. Un travers contre lequel la loi est ferme : exclusion et interdiction de concourir cinq ans après l’incident.

A cela vient s’ajouter un arsenal juridique gargantuesque incluant des peines de prison pouvant aller jusqu’à deux ans fermes. Dans ce sillage, neuf individus – ayant atteint la majorité pénale – ont été condamnés à de la prison ferme pour avoir diffusé sur internet des sujets de l’examen du BAC, notamment à Batna, Tébessa , Ain Oussara, Hassi Bahbah, Setif et Tissemssilt.

Le message envoyé par les autorités est visiblement celui de la « rigueur ». Tolérance zéro envers les candidats tentés par la fraude. Une sévérité qui a également suscité des vagues d’indignation sur les réseaux sociaux, citons le cas des deux sœurs de Tamanrasset ou encore le jeune candidat de Tlemcen empêchés d’accéder au centre d’examen à cause de cinq minutes de retard.

« Si l’ensemble des candidats sont tenus d’être ponctuels, surtout un jour d’examen, des accidents peuvent survenir et un quart d’heure de battement devrait pouvoir être instauré  afin d’éviter tout dépassement d’une partie ou d’une autre. Après tout, il s’agit là de pédagogie. », a relevé une enseignante de la capitale.

S. Dj.

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