Loi sur la Monnaie et le Crédit

Loi sur la Monnaie et le Crédit

Les risques de change reconnus

Un des points essentiel et non des moindres abordés par le chef de l’Etat lors de sa dernière sortie médiatique est le risque de change dans les transactions commerciales avec l’étranger. Ce phénomène qui a éclaté durant la décennie 90 avec la chute brutale des prix des hydrocarbures et la crise économique qui a frappé l’Algérie de plein fouet et qui l’a conduite à une cessation de paiement, a entrainé dans son sillage des dizaines, voire des centaines d’opérateurs qui ont perdu toute leur fortune, et même la vie pour certains d’entre eux. En hommage indirect à ces hommes qui ont lutté des années durant pour faire reconnaitre par l’Etat ce dommage collatéral dont ils furent victimes et escompter un dédommagement, le chef de l’Etat a annoncé, dimanche soir, que la Loi sur la Monnaie et le Crédit 90-10 sera révisée et a ajouté qu’une réflexion sur la création de mécanismes pour couvrir les risques de change encourus par les opérateurs économiques en raison de la dépréciation de la monnaie nationale est lancée.

S’exprimant dans une entrevue avec des responsables de certains médias nationaux, le président Tebboune a déclaré que « toutes les lois régissant les secteurs économiques doivent être révisées », citant particulièrement la révision de la loi sur la Monnaie et le Crédit.

 « Nous nous dirigeons aujourd’hui vers une économie ouverte sur le monde. Il faut que la loi sur la Monnaie et le Crédit soit révisée. Il faut aller vers une réforme bancaire et fiscale absolue et à fond », a souligné le chef de l’Etat.

Répondant à une question liée à la dévaluation de la monnaie nationale par rapport aux principales devises étrangères et aux pertes de change qui en résultent pour les opérateurs économiques, M. Tebboune a affirmé qu’il est « inconcevable que l’investisseur perde à cause du change. Il faut chercher des mécanismes pour trouver une solution à la dépréciation de la monnaie ».

Dans ce contexte, il a expliqué que ce « problème technique » nécessitait l’intervention de spécialistes pour déterminer les conditions de prise en charge de l’investisseur dans ce domaine, précisant qu’il demandera à la Banque d’Algérie de « revoir les contentieux existants liés aux risques de change ».

A ce propos, Il a mentionné comme mesures de soutien la création, par exemple, d’une « caisse de compensation », tout en soulignant, dans ce sillage, que « le capital a besoin de la stabilité politique, juridique et financière ».

Des ateliers économiques après les élections

Par ailleurs, le président de la République a indiqué que « des ateliers économiques seront ouverts immédiatement après les élections afin de réaliser un bond économique, et ce, en concertation avec tous les acteurs de la société ».

Ces ateliers, seront organisés, a poursuivi M. Tebboune, par une commission nationale, dans le cadre d’un consensus.

Cette commission comprendra, entre autres, des économistes, des sociologues, des journalistes, des syndicalistes, des imams ainsi que toutes les autres catégories de la société en vue de trouver la « meilleure voie » pour la réussite de ces ateliers.

Le chef de l’Etat a mis en avant, dans ce sens, « la nécessité de bénéficier et de s’inspirer des expériences menées à l’échelle internationale par d’autres pays dans le domaine des réformes économiques. »

Ramdane Yacine

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