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Dictature éclairée



Dictature éclairée. Voilà bien un concept où se polarisent mes esprits depuis quelque temps, vu l’absurde que vit le pays. Vu, aussi, les «chorégraphies politiques» auxquelles quelques dissonants récitatifs de partis à zéro crédit se donnent au pas en tentant de fourguer au peuple ce dont il n’a pas besoin et lui prendre des nécessités dont il a vitalement besoin. Continuité, pas de continuité. Rupture, pas de rupture. Président ? Vice-président ? Cinquième mandat, pas de cinquième, révision de la Constitution…?  Personne n’est au fait des intentions secrètes. Tout est accordé au rythme du petit bonheur la chance.  Absurde. Pour une nation.

Par absurde, j’entends la «médiocrité algérienne» dont évoquait le président Abdelaziz Bouteflika, face à des journalistes français, lors de sa toute première campagne électorale. Sourire béant, exhibant le charisme du déjà-maître des lieux, avec une facilité de locution qui le distingue, il réplique à une question attendue pour passer aux uns et aux autres son message : «Si je n’ai pas un soutien massif… je considère qu’il doit être heureux dans sa médiocrité. Je ne suis pas chargé de faire son bonheur bien malgré lui.» Quoique le peuple, innocent de toute manœuvre, n’a eu ni le temps ni la politique et ni l’espace pour exprimer ses idées, médiocres soient elles, ingénieuses ou excellentes. Il n’a eu que l’obligation d’être absurde et médiocre. Tel un enfant, il a bien profité de petites gâteries qui lui ont coûté sa santé, sa façon d’être, de réfléchir et de construire sa République. Dans la même entrevue, le Président parle du messianisme politique. «Je ne suis pas un chercheur de pouvoir, pas plus que quelqu’un qui est atteint de messianisme politique», dira-t-il. L’absurde aujourd’hui se pose en question vitale : sauver l’Algérie et ses institution, sa souveraineté, son économie, son école… ou sauver la démocratie dont le concept est flottant d’un individu à l’autre ? Et c’est de là que la notion de dictature éclairée devrait s’imposait dans les débats. Si la démocratie est synonyme d'égalité et de liberté, de lois auxquelles nous devons nous soumettre, car nous les avons votées. Sont-elles respectées ? Sommes-nous bien représentés dans les deux chambres. Nos élus sont-ils à la hauteur de la République ? La médiocrité régnante porte en elle la réponse. Aristote écrivait déjà dans «Les politiques» que le choix judicieux est l'apanage des gens de savoir. Le choix d'un géomètre appartient à ceux qui sont versés dans la géométrie, et le choix d'un politique à ceux qui connaissent l'art de gouverner un peuple. Par conséquent, on ne devrait pas abandonner à la plèbe la haute main sur les élections.  Aristote se rapprochait plus d'une dictature que d'une démocratie. Une dictature dirigée par des hommes de savoir : des dictateurs éclairés. 

Selon Kenneth Arrow, le système le plus démocratique consisterait à créer une machine se basant sur un unique critère de sélection pour prendre les décisions cruciales à la place de son peuple. De ce fait, la démocratie a ses limites et les valeurs qu’elle porte, à savoir liberté, égalité et pouvoir aux mains du peuple, sont aussi des pieds d'argile sur lesquels elle s'appuie. La dictature est la méthode de vote la plus démocratique, puisque c'est la seule qui vérifie simultanément les principes de rationalité. L’Algérie en a tant besoin… d’éclairage. D’un Messie pour sauver les meubles, d’un messianisme politique pour faire taire toutes voix assourdissantes, ces manipulateurs honteux à mettre au placard aux vieux balais. Sans vote et sans élection, et vogue la galère !

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