Passivité dans la prise en charge des carences dans les zones d’ombre

Passivité dans la prise en charge des carences dans les zones d’ombre

Tebboune promet de sévir

C’est pour marquer la rupture avec l’ancien régime et réaffirmer que l’Algérie entame sa nouvelle ère que le président Abdelmadjid Tebboune se montre intransigeant dans ses décisions. Hier, en présidant les travaux de la rencontre Gouvernement-Walis, consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre de ses orientations, le président de la République a été tranchant en annonçant que ses décisions de mettre fin aux fonctions d’un certain nombre de responsables locaux, ne représentent que «le début» d’un processus consistant à exiger des comptes à ceux qui ont fait montre de «passivité» en matière de prise en charge des préoccupations et des problèmes des citoyens dans les zones d’ombre. «Nous tiendrons pour responsables tous ceux qui ne parviennent pas à prendre en charge et résoudre les problèmes des citoyens», a tonné le chef de l’Etat disant « ne pas comprendre qu’en 2020 et malgré le mouvement du Hirak béni et toutes les décisions prises par l’Etat pour soulager le quotidien des citoyens, des images horribles, dont se plaignaient les citoyens ces dernières années, demeurent encore». La persistance d’une telle situation de médiocrité est assimilée par le président à «une continuation du discours négatif prôné par la bande». Ce qui est inacceptable ! Pour le président, il ne s’agit plus de faire des constats mais d’agir de manière rapide et radicale. Lors de cette réunion, la deuxième du genre durant l’année en cours après celle organisée la mi-février dernier, qui se tient en présence du Premier ministre, Abdelaziz Djerad, des membres du gouvernement, des cadres centraux et locaux et des élus, le président a vidé son sac. Il a alors fustigé les «forces d’inertie» qui œuvrent contre la stabilité du pays et qui escomptent une situation de chaos. Ces forces n’activent pas seules puisque comme l’affirme le président «il existe des complicités à l’intérieur de l’Administration. Des enquêtes dans ce sens sont en cours». De quoi s’agit-il réellement ? Pour le comprendre, il suffit de revenir aux dernières déclarations du Premier ministre. Abdelaziz Djerad a évoqué dernièrement l’existence d’un complot interne en énumérant les incidents survenus, ces derniers jours, à savoir le manque de liquidité dans les postes, les feux de forêt ou encore les coupures d’eau et d’électricité. Cette gestion approximative du quotidien du citoyen a décidé le chef de l’Etat à l’ouverture d’enquêtes pour savoir s’il s’agit d’incompétence ou d’actes volontaires malintentionnés. Dans cette même démarche, le président inscrit toutes les lenteurs et blocages enregistrés dans les administrations qui retardent la mise en application de ses décisions. Il a, à ce propos, soutenu qu’une enquête est en cours pour identifier les responsables des paralysies concernant l’octroi des primes incitatives destinées au travailleurs du secteur de la santé, mobilisés dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Le chef de l’Etat s’est interrogé, dans ce sens, sur les motifs du retard de plus de trois mois accusé dans l’application de cette décision relevant le rôle des walis et responsables dans pareille situation. Abdelmadjid Tebboune qui considère qu’un pareil relâchement dans l’accomplissement de chacun de son travail déstabilise le pays, a mis en garde contre de tels agissements des «forces d’inertie» dont l’unique but est de créer une situation de chaos en entravant le processus de développement entamé par le pays. Le chef de l’Etat a indiqué également que ceux qui appréhendent la mise en oeuvre des décisions du gouvernement par crainte de poursuites judiciaires, doivent se mettre à l’évidence qu’ils «ne seront pas comptables de leurs actes tant qu’ils seront regardants de la réglementation». Face à ceux qui ne veulent pas du bien au pays, il n’y a qu’un seul rempart, a plaidé le président citant la société civile comme «le premier allié» pour concrétiser «l’édification de l’Etat». Mais afin que cette dernière puisse accomplir pleinement son rôle, il y a nécessité de lui apporter soutien et facilités pour une meilleure organisation. «J’exige, pour la énième fois, qu’on associe la société civile et à l’aider à s’organiser», a alors lancé le président ordonnant aux walis et aux élus locaux à «fournir tous les encouragements, les facilités et l’assistance nécessaires aux associations de la société civile qui souhaitent s’organiser et se structurer au niveau national, étatique ou régional».

Amine Ghouta

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