Récupération des restes mortuaires

Récupération des restes mortuaires

L’Algérie ne renoncera pas à ses résistants

La question des restes mortuaires de la résistance algérienne à l’occupation française au 19e siècle, demeure posée et l’Algérie ne renoncera pas à ces résistants, dont le nombre avoisine la centaine, ni aux archives relatives à cette période de son histoire. C’est le message fort lancé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dimanche soir lors de sa rencontre avec la presse.

Evoquant le dossier de la Mémoire nationale lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux, M. Tebboune a indiqué que l’Algérie qui a récupéré 24 crânes de chahids, poursuivra ce processus notamment avec l’existence en France de restes mortuaires de près de 100 résistants algériens.

Il a exprimé, dans ce sens, son souci de récupérer les archives nationales relatives à la période coloniale.

Soulignant que les questions relatives à la mémoire étaient « complexes », le président Tebboune a déclaré avoir perçu un signe « positif » auprès du président français Emmanuel Macron et de certains de ses conseillers qui ont affiché « une disponibilité et de la bonne foi quant à la résolution de ce problème ».

Il a rappelé, dans ce sillage, l’existence d’un « lobby qui se nourrit de la haine et rêve de retrouver le paradis perdu », qualifiant ceci de « perte de temps, d’autant que l’Algérie, libre et indépendante, ne renoncera jamais à sa souveraineté ».

Le Président de la République a, en outre, évoqué les actions de ces parties hostiles à l’Algérie, lesquelles tentent d’influer sur les relations bilatérales », réaffirmant que « l’Algérie ne se détournera point de son objectif ».

Il a cité, en contrepartie, l’autre catégorie de Français qui « appellent à la cessation de tout sentiment xénophobe à l’égard des Algériens et à se focaliser sur le règlement des problèmes internes de leurs pays ».

A ce propos, il a affirmé que la chaine de télévision dédiée à la « Mémoire » sera lancée le 1er novembre et traitera, entre autres, de toutes les questions de l’histoire coloniale de la France en Algérie.

Les restes mortuaires de 24 chefs de la Résistance populaire algérienne contre la colonisation française ont été rapatriés en Algérie le 3 juillet dernier et inhumés au carré des martyrs du cimetière d’Al Alia a eu lieu le 5 juillet 2020.

Les autorités algériennes ont choisi, la journée du dimanche, qui correspond au 58ème anniversaire de l’Indépendance (5 juillet 1962) comme date symbolique de l’enterrement de ces restes (24 cercueils qui comportent des cranes entiers et des parties de cranes appelés restes).

Les restes mortuaires de dizaines de résistants algériens à la colonisation française, dont ceux de Chérif Boubaghla (mort en 1854) et de Cheikh Bouziane des Zaâtchas (mort en 1849), ont été retrouvés au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, a révélé un chercheur en histoire, l’Algérien Farid Belkadi, dans une déclaration diffusée samedi par l’APS.

Ce spécialiste de l’histoire antique et de l’épigraphie libyque et phénicienne, qui s’intéresse également à la période coloniale, a précisé que certains fragments de corps étaient conservés au MNHN de Paris, depuis 1880, date à laquelle ils sont entrés dans la collection « ethnique » du musée.

Ces restes, des crânes secs pour la plupart, appartiennent à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Chérif « Boubaghla » (l’homme à la mule), au Cheikh Bouziane, le chef de la révolte des Zaatchas (dans la région de Biskra en 1849), à Moussa El-Derkaoui et à Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. La tête momifiée d’Aïssa Al-Hamadi, qui fut le lieutenant du Chérif Boubaghla, fait partie de cette découverte.

R. Y.

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