Report au 20 septembre du procès en appel de l’ex-patron du Groupe ETRHB

Report au 20 septembre  du procès en appel de l’ex-patron du Groupe ETRHB

Retour sur un scandale nommé Ali Haddad

Le tribunal de première instance avait condamné, le 2 juillet dernier, Ali Haddad à 18 ans de prison ferme pour avoir causé un préjudice de 211 000 milliards au Trésor public.

Amine Ghouta

Le procès en appel d’Ali Haddad, le désormais ex-patron du Groupe ETRHB Haddad, s’ouvrira finalement le 20 septembre prochain. C’est ce qu’a annoncé le tribunal  près  la Cour d’Alger dès l’entame de la séance. Il semble bien que ce report était attendu puisque beaucoup de prévenus n’ont pas été acheminés vers la Cour. En effet, les ex ministres Abdelghani Zaalane, Youcef Yousfi, Amar Ghoul, Abdelkader Kadi et Amara Benyounes, qui se trouvent tous encore à la prison d’El Harrach, étaient absents à l’appel du juge. Seuls ceux transférés dernièrement à la prison de Koléa ont répondu présents à savoir Abdelmalek Sellal, Boudjemaa Talaï et Rebouh Haddad. Pour Ahmed Ouyahia, l’ancien Premier ministre sous Abdelaziz Bouteflika, transféré, fin août, de la prison de Koléa vers celle de Abadla, dans la wilaya de Béchar, à quelques 1000 km au sud-ouest d’Alger, ce dernier comparaissait par vidéoconférence tout autant qu’Ali Haddad qui se trouve depuis le 12 août dernier, à la prison de Tazoult dans la wilaya de Batna.

Le transfert de l’ancien chef de l’ex- FCE a fait suite aux révélations d’un média de l’existence d’un contrat de lobbying conclu par l’un de ses représentants résidant à l’étranger avec un célèbre cabinet de lobbying auquel dix millions de dollars ont été versés, pour faire pression sur les dirigeants algériens en vue de sa libération. Le juge a très vite fait l’appel, prenant note des nombreux absents même parmi les prévenus comparaissant librement. Il annonce après un bref échange avec les avocats, le report pour le 20 septembre prochain, non sans prévenir que l’affaire sera jugée à cette date et que les manquants à l’appel prendront leurs responsabilités. Jugé en première instance, ce dossier traite des procédures illégales qui ont permis à Ali Haddad d’obtenir des projets à coup de milliards de dinars mais aussi au financement de la campagne électorale pour le 5ème mandat de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika. Poursuivis pour entre autres blanchiment, octroi d’indus avantages, corruption, dilapidation et financement occulte d’un parti politique, les prévenus ont tous été condamnés à de lourdes peines allant de 5 à 20 ans de prison ferme. La plus grande peine a été prononcée par contumace à l’encontre de l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb qui est en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Le tribunal de première instance avait condamné, le 2 juillet dernier, Ali Haddad à 18 ans de prison ferme assortis d’une amende de 8 millions DA. Les cinq frères d’Ali Haddad (Rebouh, Mohammed, Omar, Soufiane et Meziane) ont aussi écopé d’une peine de 4 ans de prison ferme assortis d’une amende de 8 millions DA chacun. 12 ans de prison ferme et une amende d’un million DA ont été retenus à l’encontre des deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Les anciens ministres Mehdjoub Bedda et Youcef Yousfi ont écopé de 2 ans de prison ferme alors qu’Abdelghani Zalène, Amara Benyounes et Boujemaa Talaï  ont été condamnés à 3 ans de prison ferme. C’est Amar Ghoul qui a eu la lourde condamnation à 10 ans de prison ferme. Le tribunal a condamné les accusés à verser un montant de 135 milliards de centimes au Trésor public à titre de réparation. Qualifié d’une des plus grandes affaires de corruption, le procès d’Ali Haddad a permis de lever le voile sur les pratiques frauduleuses qui s’opéraient avec la complicité des hauts responsables. Au cours du procès, il a été mis en avant, la violation des lois par les ex- premiers ministres mais aussi les ministres et les walis en faveur d’Ali Haddad. La grande richesse de l’ex-patron des patrons va aussi être révélée au grand jour. Ali Haddad possèdait 55 sociétés et avait bénéficié de 452 crédits d’un montant de 211 000 milliards de centimes. Il avait aussi bénéficié de 73 000 milliards cts et de 15 crédits d’investissements de 34 000 milliards cts dont moins d’une dizaine a été remboursée. Il est propriétaire de très nombreux biens immobiliers et concessions dans toutes les wilayas du pays. D’ailleurs, Ali Haddad ne manquera pas de dire au juge à ce propos «on me donne, je prends». Sur le financement de la campagne électorale, le procès va révéler que le principal prévenu avait financé la chaîne «Istimraria (la Continuité)», préparée pour mener la campagne du 5ème mandat du président déchu. Il avait aussi collecté l’argent auprès des hommes d’affaires. Un  préjudice de pas moins de 211 000 milliards cts avait été demandé lors du procès par l’avocat de la partie civile qui avait rappelé qu’Ali Haddad a bénéficié d’au moins 57 lots terrains, 452 crédits dont 80 des banques publiques ainsi que de 275 projets octroyés de manière irrégulière.

A.G.

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