RÉVISION DE LA CONSTITUTION

RÉVISION DE LA CONSTITUTION

Oui, pour une Algérie pour tous

Aucun Algérien ne peut lire le préambule du texte portant nouvelle Constitution sans en avoir la chair de poule. Introduction dense, riche en évocations qui rappellent ce que nous sommes : de fiers descendants de résistants contre la domination, contre l’injustice et pour la Liberté. Les aspects historiques, culturels, sociaux et politiques qui ont jalonné le parcours de notre terre chérie, rescapée d’expéditions coloniales cruelles et inhumaines sont rendus avec des mots justes, des petits paragraphes touchants qui ont été ciselés pour dépeindre l’épopée d’un peuple, la résurrection d’un Etat, le patriotisme des Algériens d’aujourd’hui. Pourtant, certains moments très décisifs de l’Algérie contemporaine semblent avoir été occultés : Les événements du printemps berbère de 1980 dont les répliques en 2001 ont coûté la vie à des jeunes de Kabylie, la révolte populaire d’Octobre 1988 où l’on a eu aussi à déplorer de nombreuses victimes dont le sacrifice a permis l’avènement du multipartisme et de la liberté de la presse et, enfin, ce qui a été officiellement désigné par la tragédie nationale, cette vingtaine d’années de lutte contre la bête immonde, le terrorisme. En effet, l’allusion à cette terrible page de notre histoire très récente demeure trop timide, comme susurrée. Peut-être par pudeur. Blessures et cicatrices encore trop douloureuses. Peut-être aussi en raison d’un préjugé chez les rédacteurs quant à la sensibilité du courant islamiste mal à l’aise quand on évoque la période du terrorisme. Un préjugé qu’il faut évacuer de nos esprits car la grande majorité des Algériens séduite par l’idéologie politique islamiste s’est toujours démarquée de la frange qui a pris les armes et que les textes de la réconciliation nationale qualifie d’ «égarés». Il serait regrettable que notre Loi Fondamentale ne pérennise pas la mémoire de ces épisodes douloureux de notre histoire collective qui ont mobilisé, encore une fois, les femmes, enfants et hommes libres et amoureux de leurs pays, pour défendre l’Algérie. Militaires, policiers, cadres de l’Etat, enseignants, fonctionnaires divers, artistes et journalistes ont payé un très lourd tribut durant près de vingt ans. Le préambule de notre constitution doit refléter ce sacrifice alors que la menace du genre reste vive sur le plan régional et que l’Algérie s’est imposée, dans l’isolement à l’époque, comme modèle mondial de performance dans la lutte antiterroriste. La sincérité qui prévaut dans le préambule de notre Constitution pour une Algérie Nouvelle doit ne rien occulter pour que chaque Algérien y retrouve un bout précieux de son histoire personnelle, familiale ou de son village, de son quartier, des institutions et de la Nation. Liens essentiels avec notre Algérie à tous.

Nordine Mzala

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