Suite à la diffusion d’un documentaire portant atteinte au peuple et à l’Etat

Suite à la diffusion d’un documentaire portant atteinte au peuple et à l’Etat

La chaine de télévison M6 indésirable en Algérie

Par Meriem Chibane

La réaction des autorités algériennes au documentaire de la chaine française M6 sur le «Hirak», diffusé dimanche dernier, ne s’est pas fait attendre. Et elle est des plus fermes. Le lendemain même de la diffusion du documentaire, le troisième d’une chaine française qui vient encore attenter à l’image de l’Algérie et de tout un peuple, le ministère de la Communication a rendu public un communiqué. Un écrit très précis, sans détours, sans tergiversations, qui discrédite fort bien et l’animateur et la chaine de télévision. En fait, Bernard de la Villardière s’est discrédité lui-même et a porté un coup dur à la chaine française M6 qui, depuis quelques années déjà, n’intéresse pas grand monde en Algérie. Elle a beaucoup perdu de son audience et, depuis lundi dernier, elle est interdite d’opérer en Algérie. On ne joue pas avec l’Algérie Nouvelle. Elle a son autorité. Son indépendance totale. «Ce précédent nous conduit à décider de ne plus autoriser M6 à opérer en Algérie, sous quelque forme que ce soit», a indiqué le communiqué du département de Belhimer, précisant que le reportage a été réalisé par une journaliste franco-algérienne, avec l’aide d’un fixeur algérien, tous les deux munis d’une fausse autorisation de tournage. «Une infraction au demeurant sévèrement sanctionnée qui restera inscrite au compte indélébile de ses auteurs qui auront à répondre aux poursuites prévues par l’article 216 du Code pénal algérien pour faux en écriture authentique ou publique», souligne le communiqué. De même, les trois jeunes algériens qui ont témoigné dans ce reportage, affirment avoir été manipulés et leurs propos censurés. Ils ont décidé de porter plainte contre la chaine française. Selon le ministère de la Communication, «les principaux concernés ont pris contact avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel français (CSA) et ont saisi les services de l’ambassade de France en Algérie, afin de porter plainte pour avoir été manipulés, hors de tout professionnalisme, de toute déontologie et de toute morale». Aussi, dans une mise au point sur les réseaux sociaux, l’une des participante, appelée Noor, a déploré le «manque de professionnalisme» de la chaine et affirme regretter d’avoir participé au reportage.

Œuvre de déstabilisation

Le département de Belhimer dénonce une tentative de déstabilisation du peuple algérien à l’approche d’un rendez-vous électoral très important. «Force est de constater qu’à l’approche de chaque rendez-vous électoral, crucial pour l’Algérie et son avenir, des médias français s’adonnent à la réalisation et la diffusion de reportages filmés et autres produits journalistiques, dans le vil but de tenter de démotiver le peuple algérien, notamment sa jeunesse», déplore la même source.

Et de poursuivre : «Il n’est pas fortuit que ces médias, outillés pour exécuter un agenda visant à ternir l’image de l’Algérie et à fissurer la confiance indéfectible établie entre le peuple algérien et ses institutions, agissent de concert et à différents niveaux et supports».

Le mois de mai dernier, deux autres chaines françaises, France 5 et LCP, ont choqué les algériens qui ont vite exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux, relayés par les différents médias. Les autorités algériennes ont immédiatement rappelé leur ambassadeur d’Algérie en France, suite à la diffusion des deux documentaires.

«Alger a décidé, mercredi 27 mai, de rappeler immédiatement pour consultations son ambassadeur en France», a annoncé le ministère algérien des Affaires étrangères. «Le caractère récurrent de programmes diffusés par des chaînes de télévision publiques françaises, dont les derniers en date sur France 5 et La Chaîne Parlementaire, le 26 mai 2020, en apparence spontanés et sous le prétexte de la liberté d’expression, sont en fait des attaques contre le peuple algérien et ses institutions, dont l’Armée nationale populaire (ANP), a affirmé le ministère dans un communiqué. « Cet activisme où l’inimitié le dispute à la rancœur, dévoile les intentions malveillantes et durables de certains milieux, qui ne souhaitent pas l’avènement de relations apaisées entre l’Algérie et la France, après 58 ans d’indépendance, et ce dans le respect mutuel et l’équilibre des intérêts qui ne sauraient faire l’objet de concession ou de marchandage», poursuit le ministère dans le communiqué.

M. C.

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