Système de santé Algérie

Urgence d’un plan national de gestion des risques sanitaires

Il faut se rendre à l’évidence que Covid-19 a été un indicateur déterminant quant à la qualité du système de santé. Même s’il s’agit d’une épreuve complexe pour les pays développés, à l’image de l’Italie qui s’est dite abattue par l’épidémie, le système sanitaire algérien s’il existe réellement en tant que structure organisée et performante est fragilisé par une mauvaise gouvernance durant deux décennies. Il n’est que le résultat d’une absence totale d’une vision stratégique bâtie sur des outils modernes de gestion et de prévention durable et adaptables à toutes situations.

L’indicateur principal d’évaluation de la qualité du système de santé a été pendant longtemps le nombre d’infrastructures et de lits soit la capacité d’accueil qui est brandie lors de visites programmées et sans utilité.

Avec près de 300 hôpitaux et des centaines EPSP et leurs centaines de polycliniques et salles de soins la couverture sanitaire n’excelle pas par sa qualité pour diverses raisons. Malgré le manque de moyens matériels le personnel tente de répondre aux besoins d’une population pauvre ne pouvant se permettre le luxe des cliniques privées. Un autre indicateur de taille, l’orientation par des praticiens publics de malades vers les structures privées. Tous les indicateurs qualitatifs s’orientent vers la mauvaise gestion qui a mis ce secteur dans le désarroi.

Avec ces 231 structures d’hospitalisation, 13 Centres Hospitalo-universitaires (CHU), 32 Etablissements hospitaliers spécialisés (EHS), 399 maternités publiques, 520 polycliniques, 1248 centres de santé 4 684 salles de soins et 592 centres médico-sociaux (CMS), la prise en charge de manière intégrée et hiérarchisée des problèmes de santé de la population est assurée au niveau de différentes structures de santé se caractérisent par une diversité difficile à gérer.

L’importance accordée au système sanitaire par le Président de la République axée l’accès à tous les citoyens à des soins de santé performants et de qualité. Le défit est énorme au regard de la situation catastrophique du secteur et ce n’est que par le renforcement de la part du PIB consacrée à la santé que le rêve se réalisera. Seuls des centres hospitaliers répondant aux standards internationaux et une réhabilitation des infrastructures existantes permettront d’améliorer ce système. L’autre volet et c’est celui qui impacte la qualité des services réside dans la professionnalisation du personnel à tous les niveaux. La compétence de tout le personnel intervenant doit retrouver le niveau international à travers une validation de la formation selon les standards internationaux et c’est une lourde tâche.

L’évaluation qualitative de la santé ne peut se faire qu’à travers un la validation d’une grille d’évaluation reposant sur le système MADS ou AMDEC pour identifier et évaluer l’’impact des modes de dysfonctionnement de ce système traditionnel.

En absence d’un plan national de gestion des risques sanitaires qui découle d’un diagnostic pragmatique et transparent soutenu par des outils d’investigation infaillibles, le système sanitaire malgré la politique de réforme sombrera face à une démographie galopante et à une crise économique présente.

K. Benabdeli

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