Tebboune déclare la guerre à «l’argent sale»

Tebboune déclare la guerre à «l’argent sale»

Récupération de sommes détournées

 «Le recouvrement des fonds pillés est un devoir et un engagement que j’ai pris devant le peuple algérien», a rappelé le président Tebboune.

Amine Ghouta

Djamel Ould Abbes l’ancien patron du FLN, qui est en prison pour corruption, se ventait de préparer d’énormes manuscrits pour inscrire toutes les réalisations de l’ex président de la République justifiant la consommation par l’Algérie de plus de 1 000 milliards de dollars, durant le règne d’Abdelaziz Bouteflika. Il devra bientôt s’expliquer sur la dilapidation de plus de 600 milliards de cts du ministère de la solidarité, à l’époque où il était à la tête de ce secteur. Et il n’est pas le seul, en Algérie, deux ex premiers ministres et plus d’une vingtaines d’anciens ministres sont mêlés à des affaires de corruption.

Autant d’hommes d’affaires sont également inculpés pour détournement, blanchiment et corruption. C’est dire que la corruption, devenue un sport national, a gangrené toute la société. Mettre fin à une pratique qui s’est ancrée dans les mœurs n’est pas chose facile mais c’est là pourtant le challenge difficile que s’est lancé le président de la République Abdelmadjid Tebboune  affirme que l’économie nationale a besoin de changements radicaux et structurels et que son édification passe par l’éradication de l’argent sale et la mise en place d’institutions fortes et propres. Lors de son entrevue périodique avec les médias nationaux, le Président a expliqué que «la véritable relance de l’économie nationale requiert l’établissement d’un contrôle à travers des institutions fortes», ajoutant que la relance économique impliquait «l’assainissement, la lutte contre la corruption et la récupération des fonds détournés».

Abdelmajid Tebboune sait  de quoi il parle puisqu’il ne va pas manquer de donner des exemples en affirmant que par le passé «l’argent sale était utilisé pour designer des walis et des hauts fonctionnaires de l’Etat». Promettant «une rupture définitive en vue de construire un avenir qui soit le prolongement du présent», le président se prépare un faire un bon diagnostic de la situation avec de prescrire le remède qui lui permettra d’assainir le climat. Il a décidé, en premier, de pallier les lacunes existantes dans les lois notamment celles ayant trait à l’investissement et à l’économie afin de renforcer le contrôle, précisant que «la Constitution et les lois à venir permettront de consacrer la bonne foi au sein de la société et d’éviter la répétition des erreurs du passé».

Abordant la question de la séparation de l’argent du pouvoir, le Président Tebboune a dit «Nous devons écarter l’argent sale pour ériger des institutions fortes et propres qui soient la voix de la volonté du peuple», ajoutant que «la concurrence doit être par les idées et l’intégrité pour l’édification d’institutions fortes». Exhortant les citoyens à dénoncer la corruption et les dépassements, le Président de la République a mis en avant l’impératif d’avoir une justice forte pour la dissuasion des contrevenants et la protection du simple citoyen, «la plus grande victime de ces pratiques». Réitérant sa principale promesse de campagne électorale, Abdelmadjid Tebboune a promis de récupérer l’argent volé. « Le recouvrement des fonds pillés est un devoir et un engagement que j’ai pris devant le peuple algérien», a-t-il rappelé affirmant que la procédure sera lancée «une fois toutes les données disponibles». La concrétisation de cette promesse est très attendu par le citoyen qui attend depuis le 22 février dernier que la richesse dilapidée de son pays lui soit rendue.

Compréhensible à voir les montants énormes de préjudice révélés par les derniers procès des hommes d’affaires où sont impliqués presque la totalité des ex hauts responsables. Une fois l’argent récupéré, tout cela ne sera qu’un cauchemar dans la mémoire de l’Algérie nouvelle puisqu’elle sera construite, comme l’a promis le président,  sur la base d’une Constitution qui permettra de renforcer le contrôle à travers les institutions et la moralisation de la vie politique et économique. Une loi fondamentale qui va offrir au citoyen l’occasion de contrôler la gestion et les deniers publics, ce qui permettra de concrétiser le véritable progrès tant au plan social, que politique et économique. Un souhait qui, s’il venait à se concrétiser, va permettre enfin à l’Algérie de sortir la tête de l’eau.

A.      G.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.