Témoignage personnel sur Mr Lamine Bechichi

Medjahed Hamid Raconte Bechichi

En ce vendredi 24 juillet 2020, date de son inhumation, voici comme promis, mon témoignage personnel sur Mr Lamine Bechichi quand il était Directeur Général de la Radio Algérienne (1991-1995).

Préambule :
Je me souviens comme si cela datait d’hier qu’il m’avait reçu à sa demande, en son bureau en compagnie de Mr Farid Toualbi, Directeur de la chaîne 3 à cette époque. Il devait me confier alors, un travail à réaliser. Et il avait insisté pour que je respecte certaines de ses recommandations qui lui tenaient vraiment à cœur. Ayant été tellement surpris de ce qu’il venait de m’annoncer, je n’avais pas pu m’empêcher de lui répondre in extenso:
« Mr Bechichi, je tiens à vous avouer que j’attache une importance particulière à être témoin de ce que vous venez de me dire, de me confier devant Mr Farid Toualbi ici présent. »

Le récit :
Un jour, Mr Saïd L. Sous-directeur de la production de la chaîne 2 de l’époque est descendu me voir au niveau zéro de la radio où je venais de terminer l’enregistrement de mon émission « Icennayen n uzeka » pour m’annoncer que le DG de la Radio Nationale désirait me voir. J’ai été reçu en son bureau en présence de ce s/directeur. Il m’a fait savoir qu’il avait demandé au Directeur de la chaîne 2, Mr Rabah A pour lui concocter une dizaine de chansons patriotiques Kabyles. Il me remit une bande où figuraient une dizaine de ces chansons de chanteuses et chanteurs différents. Comme lui-même était compositeur et après les avoir écoutées, il avait dit au Directeur de la chaîne 2 : « C’est quoi ces chansons ? Je vous avais expliqué pour qui elles étaient destinées et c’est ces vieilleries que vous avez trouvées? Vous n’avez pas un Artiste à la chaîne 2 ? Je connais quelqu’un qui s’appelle Medjahed Hamid, je veux le voir pour le charger personnellement de réaliser ce travail et suis convaincu qu’il le fera comme il se doit. »
D’où ma présence dans son bureau. A cette époque, c’était le début des transferts en CD des chansons sur bandes sonores de la discothèque de la radio. Il m’expliqua qu’il devait offrir aux différentes Ambassades en Algérie un
« cocktail » (compilation) de chansons patriotiques en Arabe et en Kabyle. Il m’expliqua que les chansons Kabyles que je devais lui proposer devaient être musicalement parlant d’actualités, à savoir un peu modernes et non ce qu’on venait de lui proposer. Je lui avais dit que je l’avais bien compris et que je vais lui accomplir cette mission qui m’honore, cela va de soi, comme il le souhaitait à condition de me réserver spécialement un studio et un technicien à mon entière disposition 24/24. Tout comme il appartient à moi seul de choisir le réalisateur de mon choix, à savoir Mr Rezki Mellal (Timri Moussa).
Vos conditions sont acceptées mais je dois vous dire que devez aussi adhérer aux miennes Ainsi, vous trouverez dans cette bande la chanson du regretté Farid Ali, « ayema 3zizen Uretsru », elle doit y figurer car il l’avait chantée merveilleusement et que ça sortait de ses tripes. Puis il faut aussi trouver une chanson sur Fadhma N Summer, je crois avoir entendu une chanson sur elle. Je lui ai aussitôt confirmé qu’elle existait en deux versions, l’une traditionnelle du regretté Meziane Rachid et l’autre en version dite moderne reprise par Belaid Tagrawla. Il m’avait tellement parlé de Lalla Fadhma Nsumer que je n’en croyais pas mes oreilles ! Et là je me suis permis de lui dire:
« Mr Bechichi, je prends à témoin Mr Farid Toualbi et m’engage à enregistrer dans ma tête ce que vous venez de me dire et à en témoigner le moment venu de votre reconnaissance envers cette grande dame.
Mme Zohra Bensalem, alors Chef de département de la production à la chaîne 2 me donna tous les moyens matériels et humains pour mener à bien et surtout au mieux cet exaltant travail. J’ai choisi les chansons, telles que, « thamthouth boumdjahed » de Takfarinas, « Fadhma Nsumer »de Belaid tagrawla, « Ayema 3zizen Uretsru » du regretté Farid Ali, El Ghazi, Chérif Kheddam bien sûr ainsi beaucoup d’autres sauf que j’avais ajouté « Idhahred Wagur » de Slimane Azem. Le travail terminé, je suis allé le voir, lui remit la bande et l’informa de l’ajout de Slimane Azem accompagné de la traduction fidèle de la chanson. Là il m’avait dit texto : « Ya si Medjahed, officiellement, Slimane Azem n’a jamais été toutes ces fausses étiquettes qu’on lui a collées, c’est moi qui te le confirme mais ne me demande pas de lui donner une carte d’ancien moudjahid en l’intégrant dans les CD à offrir aux ambassades. »

Conclusion: J’ai retenu deux choses très importantes chez lui: 1/ Sa connaissance et reconnaissance envers Lalla Fadhma Nsumer comme il aimait l’appeler.
2/ Que Slimane Azem n’était pas celui qu’on voulait faire croire!

Envers lui et compte tenu de tout ce qui précède, l’occasion est venue à présent pour tenir ma parole en vous apportant mon témoignage.
Par cette publication, je renouvelle mes sincères condoléances les plus attristées à sa famille, ses proches les plus chers, ses amis (es) très proches ainsi qu’à toutes celles et ceux qui l’ont connu.

QUE SON ÂME REPOSE EN PAIX.
Medjahed Hamid.

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