Une idée en or!

Par Nordine Mzalla

Les jeunes autochtones du grand sud algérien seront bientôt autorisés à extraire de l’or, à travers des coopératives, pour le revendre à l’Etat qui garde bien-entendu le monopole sur les richesses naturelles du pays. Elle n’a pas fait grand bruit cette bonne décision du nouveau ministère des Mines, sous la houlette de Mohamed Arkab, ministre qui imprime déjà un nouvel esprit dans son secteur, d’habitude rattaché à l’Energie ou à l’Industrie. Pourtant, l’idée a visiblement obtenu l’adhésion du Président de la République qui l’a encouragée lors d’un conseil des Ministres restreint, consacré à l’examen de quelques dossiers. C’est vrai que la démarche est tellement louable et surprenante qu’elle pourrait susciter des jalousies ou des complexes dans d’autres segments de l’économie nationale où, malheureusement, l’intégration de la jeunesse n’a pas encore connu l’essor escompté ou promis. Parce qu’en réalité, cette dynamique n’est pas une simple autorisation matérielle d’activité artisanale ou de commerce intermédiaire. Par-delà la marge bénéficiaire qui est proposée aux orpailleurs des temps modernes, le message est clair comme de l’eau de roche: «Aux Algériens d’abord d’exploiter et de protéger leurs ressources naturelles». En effet, personne n’ignore le pillage direct ou indirect de nos pépites, le vol de pièces archéologiques ou le braconnage d’espèces animales rares par de faux touristes qui profitent de l’immensité du territoire et de la passivité de populations locales. Certes, les jeunes orpailleurs de Tamanrasset ou d’une autre wilaya saharienne n’excluront pas les partenaires étrangers de l’ENOR, l’entreprise nationale d’exploitation des mines d’or, mais ils accompagneront la valorisation de notre patrimoine minier dans le cadre d’une vigilance citoyenne utile. Ils devront prendre en compte notamment les aspects environnementaux définis par un cahier des charges pour que personne ne puisse agresser leur cadre de vie ni à en piller les merveilles. En ce sens, la leçon s’impose comme un joker économique à généraliser dans tout le pays et dans différents domaines. Aux jeunes Algériens de protéger et valoriser le littoral et non pas se contenter de rançonner l’estivant dans des parkings de fortune sales et mal gérés. Aux jeunes aussi d’exploiter les massifs montagneux en les reboisant et en les débroussaillant pour prévenir les feux ravageurs. Ils sauront y créer des activités sportives et de loisirs écologiques lucratives. Aux jeunes aussi d’exploiter le monde de l’économie numérique, en lançant ces fameuses start-up que le Président évoque à chaque fois qu’il explique les canons de la relance économique en gestation. En Algérie, tout est en or. Terre bénie de Dieu, il faudrait, qu’enfin, ses enfants la reprennent en main, pour la protéger des pilleurs et en fructifier les richesses innombrables. Le Ministre des Mines Mohame Arkab a impulsé la dynamique, aux autres d’en faire autant. 

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