Visite du Premier ministre à Tindouf

Visite du Premier ministre à Tindouf

Au-delà des projets et du Covid 19….

La visite de travail du Premier ministre, Abdelaziz Djerad dans la wilaya de Tindouf, en plus de son caractère annoncé, à savoir s’exprimer sur l’épidémie du Covid 19, inaugurer et inspecter des projets d’utilité publique, ne serait en réalité qu’un prétexte « hautement symbolique ». D’abord, celui  de marquer la présence de l’Etat aux côtés des habitants de cette région, et ensuite réitérer implicitement le soutien indéfectible de l’Algérie à l’autodétermination du peuple sahraoui frère, dont la wilaya de Tindouf abrite le plus vaste camp de réfugiés sahraouis. Il s’agit également de rassurer les populations des « zones d’ombre » qu’elles auront leur part de prospérité et de développement. D’ailleurs, plusieurs projets socioéconomiques sont inscrits.

La visite de M. Djerad à Tindouf intervient au moment où une campagne insidieuse est menée par Rabat contre l’Algérie. Usant de ses relais tantôt politiques et tantôt médiatiques, le Maroc ne rate aucune opportunité pour tomber à bras raccourcis sur l’Algérie. Le récent dérapage du Consul du Maroc à Oran, qualifiant l’Algérie de « pays ennemi » résume à lui seul l’intention de ses commanditaires. Il ya aussi cette étude intitulée « Pour une nouvelle stratégie de défense intégrée du Maroc », œuvre d’un think tank marocain qui considère l’Algérie comme une menace permanente. Ce groupe de réflexion voit en notre pays « un rival historique et un ennemi permanent ». Autre facette de cette politique « agressive » contre l’Algérie, la construction en cours d’une base militaire d’écoute juste à la frontière avec l’Algérie.

Campagne insidieuse de Rabat contre l’Algérie

Constamment en posture paranoïaque permanente à l’égard de son voisin de l’Est, le Maroc use de tous les moyens pour tenter de le déstabiliser. Par ailleurs, au mois de mai dernier, la toute officielle agence MAP a voulu endosser au parlement européen qui compte 751 députés, ce que Sept de ses députés issus du lobby maroco-sioniste voulaient imposer à cette institution. « Le Parlement européen réclame une intervention urgente de l’Union européenne (UE) pour mettre un terme à la répression en Algérie », titre la dépêche qui rapporte la teneur d’une lettre attribuée à « plusieurs eurodéputés ». Lors du 26e sommet des pays du Mouvement des non-alignés (MNA), tenu en Azerbaidjan et consacré à la lutte contre le Covid 19, le ministre marocain des Affaires étrangères, le tristement célèbre, Nacer Bourita, a surpris les participants en s’attaquant avec une rare violence à l’Algérie. Pour charger l’Algérie, le chef de la diplomatie marocaine a pris pour prétexte cette fois l’appel lancé par le président Abdelmadjid Tebboune au Conseil de sécurité de l’ONU pour «adopter une résolution appelant solennellement à l’arrêt immédiat de toutes les hostilités à travers le monde, en particulier en Libye, sans omettre les pays vivant sous occupation, comme la Palestine et le Sahara occidental». La visite de Djerad constitue également un message indirect aux Conseil de sécurité de l’ONU, dont l’attitude à l’égard de la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, est empreinte d’inaction et d’hésitation. Le retard dans la désignation d’un envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Sahara Occidental, constitue un des signes de ce « désengagement ». Il y a aussi cette position condamnable de la France qui par son soutien à l’occupation des territoires sahraouis par le Maroc, paralyse le processus de décolonisation dans la région. En plus de son silence face aux crimes et violations des Droits de l’Homme perpétrés contre le peuple sahraoui, la France fait tout pour impliquer l’Union européenne dans le pillage des ressources naturelles du territoire sahraoui en violation des décisions de la Cour de justice européenne de 2016 et 2018. Tout récemment encore, le Groupe de Genève pour la Protection et la Promotion des Droits de l’Homme au Sahara occidental a dénoncé les entraves du Maroc à l’organisation du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Le même Groupe a tenu à rappeler la situation particulièrement difficile dans laquelle se trouvent les 173.600 réfugiés sahraouis dans les camps. Comme il a rendu hommage aux autorités algériennes « pour l’accueil des réfugiés sahraouis qui s’inscrit dans sa tradition historique d’appui aux mouvements de libération africains et d’ailleurs dans le monde et pour le soutien humanitaire et matériel qu’elle leur apporte ».  Ainsi, malgré les condamnations de l’occupation militaire du Sahara occidental par le Maroc, de la part du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée générale de l’ONU ainsi que de l’Organisation panafricaine, le Makhzen persiste dans sa politique d’annexion illégale et bloque depuis trois décennies l’organisation du référendum d’autodétermination et d’indépendance du Peuple sahraoui prévu par la résolution 1514 (XV) de l’Assemblé générale de l’ONU, ainsi que par le Plan de paix qui a porté à la création en 1991 de la Mission des Nations-Unies pour le Référendum au Sahara Occidental. C’est ce message du respect de la légalité internationale que le Premier ministre s’est rendu dans la wilaya de Tindouf.

Karim Aloui

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.